«On nous a demandé avec beaucoup d'insistance de voter Hadopi»

Qui "on" ? 168
Marc Rees
Hier au micro de RMC (entre 2"30 et 3"00), le député UMP Bernard Debré est revenu sur la réunion du groupe à l’Assemblée nationale destinée à « crever les abcès » selon les termes de Jean-François Copé. Debré, également médecin, a qualifié cette réunion de début d’une « psychothérapie de groupe », qui « a révélé beaucoup de choses » :

Evoquant les pressions subies par les parlementaires, le député raconte : « J'ai pris comme exemple la loi Hadopi, qui était ce qu'elle était, mais elle nous a mis à dos un certain nombre de jeunes. Elle a hésité, tergiversé, puis finalement elle a été votée parce qu'on nous l'a demandé avec beaucoup d'insistance... euh voilà, c'était pas une bonne chose [...] La position des députés était très inconfortable. »

Finalement la teneur du texte, ça compte

En plein débat HADOPI, on se souvient que Jean-François Copé avait demandé par écrit aux parlementaires de voter aveuglément la loi, car ce n’était « pas la teneur du texte qui était en cause ». Hadopi avait été rejetée une première fois par l'Assemblée nationale suite à l'absence d'un grand nombre de députés UMP (dont Copé et Lefebvre) qui avaient déserté ce jour-là l'hémicycle. Rares étaient les députés UMP à s'y opposer ouvertement, exception faite par exemple de Lionel Tardy.

Sur RMC, Debré - qui fait partie des bons soldats qui ont voté HADOPI - remarque aujourd'hui « un gouvernement qui était un peu évanescent, un président de la République tout puissant. C’est une nouveauté dans la Ve République ». Des « lois peu intéressantes, inutiles » où on oublie les fondamentaux comme « la sécurité, l’économie, le chômage »… avec un risque : celui de voir le PS en tête en 2012.

bernard debré hadopi