La Suisse envisage l’interdiction totale des jeux vidéo violents

«Cette censure démontre que les politiciens ne comprennent ni notre industrie, ni les consommateurs. Personne ne pense censurer des films ou des livres ayant un contenu adulte.» Electronic Arts l’a mauvaise après le vote en Suisse du Conseil des États de deux motions. L’une, adoptée à l’unanimité, veut interdire la vente des jeux à des mineurs. L’autre votée 9 voix contre 3, envisage leur interdiction pure et simple ! La Suisse, pays des bisounours ?

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La Commission des affaires juridiques
du Conseil des États qui a procédé à ce vote «considère qu’il est nécessaire de protéger les enfants et les adolescents de toute représentation de la violence dans les médias. En approuvant ces deux motions, elle entend souligner que la question des jeunes et de la violence demeure un problème à prendre au sérieux. En principe, la commission estime donc qu’il y a lieu de légiférer ». Le dossier est désormais dans les mains du Conseil Fédéral qui devra architecturer un texte à soumettre au Parlement.

Le texte d’interdiction générale demande la rédaction d’« une base légale permettant d'interdire la production, la publicité, l'importation, la vente et la diffusion de programmes de jeux dans lesquels de terribles actes de violence commis contre des êtres humains ou ressemblant à des humains contribuent au succès du jeu ».

Pour expliquer la démarche, on fait état « d’hypothèses selon laquelle les jeux violents contribuent à pousser certains consommateurs aux pires violences réelles » alors que « le succès au jeu augmente en fonction du recours à de terribles armes contre des êtres humains et des anthropoïdes ».

Les auteurs de cette proposition admettent du bout des lèvres que chaque jeu violent ne transforme pas tout un chacun en tueur; « néanmoins, ils renforcent la propension à la violence chez ceux qui y sont déjà sujets ». Un angle d’attaque repris par Géraldine Savary, sénatrice vaudoise : « Il existe aujourd'hui un doute trop grand pour ne pas nous poser la question d'un lien entre les jeux vidéo violents et les actes de violence commis dans la réalité. »

Des hypothèses, des propensions, des doutes, de vagues études qui montrent « de mieux en mieux » le lien de causalité entre jeux et comportements violents… Il n’en fallait pas moins pour que la conclusion soit tirée… par les cheveux : « une interdiction généralisée de ces jeux semble donc appropriée et proportionnée à la situation ». Et puis ce n’est pas si grave « puisqu’il existe des milliers d'autres jeux vidéo passionnants qui se passent fort bien de ces excès de violence ».  Deux exemples, ci-dessous ?

jeux vidéosjeux vidéos

En attendant, dans la presse suisse comme Le Matin, La Tribune de Genève  ou le Temps, on collectionne les réactions contre ce texte. Notamment celle d’Electronic Arts qui rappelle que «la moyenne d’âge des joueurs est de 28 ans. Ce sont des personnes qui doivent pouvoir choisir librement leurs divertissements.» Et bon courage à la Suisse pour fermer les frontières du Net aux achats transfrontaliers...

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