Viacom attaque YouTube pour des vidéos qu'elle a elle-même partagées

Et la boucle est bouclée 43
viacomDans notre actualité d’hier vous appreniez que Viacom (propriétaire de Paramount, MTV, Comedy Central...) et Youtube étaient obligés de révéler leurs petits secrets au public pour obtenir un jugement en référé. Aujourd’hui, les documents ont été publiés.

La presse américaine s’est fait un malin plaisir de décortiquer ces centaines de pages d’accusations (dont certaines basées sur les logs des utilisateurs de Youtube). CNet.com en a mis des extraits en ligne pour que vous puissiez juger par vous-même.

Les documents fournis par Viacom contiennent en particulier des échanges de mails des fondateurs de Youtube prouvant qu’ils savaient enfreindre les lois sur le droit d’auteur. L’un d’entre eux (Steve Chen) a ainsi écrit : « On peut trouver des camions entier de contenus protégés… » et « Volez les ! … Il faut garder à l’esprit que nous avons besoin d’attirer du trafic. Combien de visiteurs va-t-on avoir grâce à des vidéos personnelles ? »

Un mail révèle même que « un des co-fondateurs vole de manière évidente du contenu sur d’autres sites et s’efforce de le montrer à tout le monde. »

La réponse du berger à la bergère

Mais le géant de la recherche contre-attaque en révélant que Viacom avait mis au point une stratégie de promotion de ses programmes en créant des comptes ressemblant à des comptes de fans, sans aucun lien avec Viacom (utilisant même des mails anonymes), et mettant en ligne des clips des émissions à promouvoir.

Sur le blog officiel de Youtube, Zahavah Levine, juriste en chef de Google, explique que « pendant des années Viacom a continuellement et secrètement mis en ligne ses contenus sur Youtube, alors même qu’ils se plaignaient publiquement de leur présence là. [La major] a engagé pas moins de 18 agences de marketing différentes pour mettre ses contenus sur le site. Ils abimaient exprès les vidéos pour qu’elles aient l’air volées ou provenant d’une fuite ».

Viacom a d’ailleurs plusieurs fois envoyé à Google des demandes de suppression de comptes enfreignant leurs droits, pour faire ensuite machine arrière en se rendant compte que c’est leurs propres équipes marketing qu’ils signalaient.

Dans ces conditions même si Youtube savait qu’un clip contenait du matériel protégé, comment pouvait-il savoir s’il était autorisé ou non ? Du coup ils attendaient simplement les demandes de suppression de Viacom.

Pire encore, selon M. Levine « Certaines des vidéos pour lesquelles Viacom nous attaque ont été mises sur Youtube par Viacom elle-même ».