Vo-Fi : le Wi-Fi 802.11 va-t-il donner un nouvel essort à la VoIP ?

Comme si elle avait besoin de ça 47
Vincent Hermann
Hercule WiFi 802.11nDepuis des années, le protocole 802.11n était en cours de développement. Maintenant qu’il est finalisé et que les équipements qui le peuvent reçoivent la mise à jour définitive, la technologie va pouvoir prendre son envol, parfois dans des directions que le grand public ne peut pas spécialement observer. C’est le cas de la Vo-Fi, pour « Voice over Wi-Fi ».

La Vo-Fi n’est pas une nouvelle technique. Elle existait avant la version N du Wi-Fi, mais cette dernière lui permet en théorie un essor dans les entreprises. La Vo-Fi consiste à faire passer de la voix dans une communication en utilisant le Wi-Fi comme support. Cela ressemble à la VoIP, avec laquelle elle partage de nombreuses choses, mais cette solution est réellement spécifique au sans fil. On l'appelle aussi téléphonie Wi-Fi, VoIP sans fil, ou encore téléphonie IP sans fil.

Pourquoi le 802.11n donnerait-il une nouvelle impulsion à la Vo-Fi ? Parce que la qualité du signal et le débit sont largement améliorés par rapport au 802.11g (du moins en théorie). L’une et l’autre sont réellement importants pour les sociétés qui voudraient passer à cette solution. Et quelles raisons pourraient pousser une société à s’intéresser de près à la Vo-Fi ? L’élément de réponse le plus important est : la réduction des coûts.

La Vo-Fi peut introduire un vrai changement dans les grandes sociétés, en particulier celles qui possèdent de très grands locaux. La qualité du signal d’appel des téléphones cellulaires peut parfois laisser à désirer. Parallèlement, aux États-Unis par exemple, le nombre d’appels vers des téléphones portables dépasse maintenant celui vers les postes fixes en milieu professionnel. Bien que les entreprises puissent y gagner en efficacité, cela induit des frais supérieurs, les communications vers les mobiles étant toujours plus onéreuses.

La Vo-Fi peut être utilisée à partir d’une installation Wi-Fi existante, avec la mise à niveau que cela peut supposer. Ensuite, via des téléphones adaptés, toutes les communications à l’intérieur de la société peuvent se faire via le Wi-Fi et non plus en passant par des lignes téléphoniques. Ce type de solution existe déjà grâce à la VoIP, mais la Vo-Fi autorise le déplacement du personnel, s’ils gardent leur téléphone sur eux. Tant que le réseau Wi-Fi est accessible, tous les appels peuvent être reçus.

En fait, sans même parler d’acheter des téléphones spéciaux, il est possible d’utiliser des smartphones s’ils peuvent être configurés pour recevoir ce type particulier d’appel. Le cabinet d’analyse ABI Research estime que d’ici 2014, 90 % des smartphones vendus seront compatibles Wi-Fi, ce qui devrait rendre la technologique plus simple à mettre en œuvre. Car aucune technologie ne représente la panacée, et la Vo-Fi présente ses propres difficultés.

Tout utilisateur qui aura utilisé la solution VoIP d’un client de messagerie quelconque, comme MSN ou Skype, le sait déjà : la qualité de l’appel peut être très variable. Beaucoup le savent, cette qualité est directement proportionnelle au débit autorisé par la connexion. Dans le cas du Wi-Fi 802.11n, la vitesse peut atteindre le gigabit lorsque des antennes particulières sont utilisées. En clair, le débit en lui-même ne sera pas un problème. C’est la qualité de la connexion qui va primer.

La latence jouera un rôle prépondérant au moins que les équipements devront être accompagnés de protection contre ce phénomène. La latence est le temps nécessaire à un paquet de données pour aller de la source vers le destinataire, et les joueurs la connaissent surtout sous sa traduction anglaise : « lag ». Lorsqu’elle augmente, des phénomènes de pauses se font entendre dans les conversations, de même qu’un écho désagréable, ou des craquements et autres bruits intempestifs. De même, un phénomène de « gigue » (jitter) peut apparaître quand les paquets de données arrivent avec des latences différentes, donc dans le désordre (fluctuation du signal). Des coupures dans la conversation peuvent donc arriver. Enfin, les paquets peuvent se perdre, purement et simplement. Le taux de perte n’est pas censé dépasser 1 %, auquel cas le destinataire peut sentir la différence.

Le point intéressant que soulève la Vo-Fi depuis ses débuts est le même que l’on retrouve maintenant lorsque l’on voit par exemple Apple signaler que les applications de type VoIP sont désormais possibles. Ce genre de technologie se démarque clairement des habituels réseaux téléphones, qu’ils soient filaires ou cellulaires. Côté filaire d’ailleurs, la VoIP finira le travail qu’elle a commencé jusqu’à ce qu’il ne reste quasiment plus qu’elle, et les offres triple play par exemple accélèrent le mouvement. Mais du côté du sans fil, il va être très intéressant d’observer les réactions des opérateurs de téléphonie mobile.

Wi-Fi à l’intérieur, VoIP via la 3G à l’extérieur pour tout le monde ?