Adobe réagit officiellement à l'absence de Flash sur l'iPad

Ce sont des méchants ! 386
Vincent Hermann
Depuis que l’iPad est sorti, on a pu lire de nombreuses réactions. Sur le sondage que nous avons publié hier, vous êtes pratiquement deux tiers à avoir signalé que le dernier produit ne vous intéressait pas. Certaines limitations de l’appareil ont du mal à passer, et l’absence de support de la technologie d’Adobe fait partie de celles qui sont le plus souvent citées. L’éditeur réagit d’ailleurs officiellement à ce vide.

apple ipad

Sur l’iPhone et l’iPod Touch, le manque du Flash peut causer des problèmes, mais la taille de l’écran limite la navigation sur le Web à des besoins ponctuels. Le problème change littéralement de dimension avec l’iPad. Avec une dalle de 9,7 pouces, la tablette est bien plus taillée pour le surf, et c’est là que l’absence du Flash peut se faire sentir. Difficile pour Apple de signaler d’un côté que c’est l’appareil idéal pour surfer sans donner accès à tout ce que les sites peuvent offrir.

Chez Adobe, on n’est pas particulièrement heureux de ce choix :

« Apple continue apparemment à imposer des restrictions à ses périphériques qui limitent aussi bien les éditeurs de contenus que les consommateurs. Contrairement à la plupart des lecteurs de livres électroniques qui utilisent le format de fichier ePub, les clients ne pourront pas accéder au contenu ePub avec la technologie DRM d’Apple sur les appareils créés par d’autres sociétés. Et sans le support du Flash, les utilisateurs d’iPad ne pourront accéder à la totalité du contenu Web, incluant 70 % des jeux et 75 % des vidéos du Web.

Si je veux utiliser l’iPad pour accéder à Disney, Hulu, Miniclip, Farmville, ESPN Kongregate ou JibJab, sans même mentionner les millions d’autres sites du Web, je ne pourrai pas.

Adobe et plus de 50 de nos partenaires de l’Open Screen Project travaillent à permettre aux développeurs et éditeurs de contenus de délivrer [du contenu] à tous les appareils, pour que les consommateurs aient accès à leurs médias interactifs favoris, contenus et applications sur l’ensemble des plateformes, sans tenir compte de l’appareil que les gens ont choisi d’utiliser.
»

ipad flash  

Du côté d’Apple, les deux principaux arguments contre le Flash sont sa consommation des ressources et les risques liés aux failles de sécurité. Les deux sont effectivement avérés, mais la firme est-elle réellement sincère sur les raisons exactes ?

Si le Flash était autorisé sur l’iPad, les utilisateurs auraient accès à de nombreuses petites applications, et surtout à de nombreux jeux gratuits. Conséquence, les ventes sur l’App Store seraient forcément moins nombreuses, ce qui entraînerait une baisse des revenus. Et si cela doit passer par une transformation des services d’hébergement de vidéos avec une transition vers la balise video du HTML 5, Apple est manifestement prête à attendre.