Personne ne veut assurer la comm' d’Hadopi ? « Attendez le 25 »

Mat ou pas mat ? 208
Marc Rees
Hadopi, le Vietnam de la comm’ ? Selon la journaliste Capucine Cousin du blog http://blog.miscellanees.net « le budget communication autour d'Hadopi (ladite Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) est probablement un des plus beaux budgets publicitaires de l'année... Et pourtant, personne n'en veut ! L'appel d'offres a pourtant fait le tour de la place, les plus grosses agences de pub l'ont consultée ». Pourquoi ? Selon une source dans le milieu de la comm’ de notre consoeur, « elles ont bien compris que, si elles acceptent ce budget, toutes les sociétés Internet ou travaillant dans les nouvelles technologies ne voudront plus leur confier leurs propres budgets ! Elles seront (presque) connotées 'anti-Internet' ! ».

hadopi ministère ministre albanel mitterrand

Réponse de la Haute autorité

Contactée, la HADOPI ne confirme pas officiellement ces données. Prudente, la Haute autorité nous souligne que « l’appel d’offres se termine le 25 janvier. C’est seulement ce 25 janvier que l’on saura combien de sociétés y ont répondu ».

Il faut dire que le marché est des plus sensibles : l’appel d’offres en question est celui que nous avons examiné sur cette page. Dans les futures campagnes, « le prestataire (…) devra prendre en compte plus particulièrement la sensibilisation des jeunes », il devra aussi enseigner à ces jeunes oreilles, « l'existence d'une offre légale dont la richesse va croissant ». L’heureux élu devra établir un plan de sensibilisation comprenant : « l'élaboration de la stratégie, la conception des messages, la définition des contenus, un calendrier de réalisation et de mise en œuvre ».

Susciter des interviews, ou le doute ?

Mais ce n’est pas tout : « à partir des arguments avancés lors de l'examen devant le Parlement de la loi « Création et Internet », la communication devra être conçue de manière à apporter par anticipation une réponse aux campagnes de désinformation qui pourraient être lancées ».

Dans ce marché, la boite de comm’ devra rechercher « des parrains (porte-parole) susceptibles de sensibiliser le grand public au téléchargement légal et qui pourraient être sollicités lors de la campagne de communication (conférence de presse, spots radio ou télé, interviews…). (…)Il conviendra d’obtenir des partenariats médias (presse écrite et audiovisuelle, éventuellement internet) » et d’en assurer le suivi... il faudra aussi « susciter des interviews par les médias pour des représentants de l'HADOPI ou d'autres personnalités désignées. ». Et pour nourrir ce petit monde,  « pour l'organisation de conférence de presse, l'HADOPI assurera en direct la consultation des traiteurs et la prise en charge financière du cocktail ».

Une batterie de casseroles

Il n’est peut-être pas nécessaire d’attendre le 25 pour constater les bugs d’HADOPI. Le dernier épisode du logo, lequel avait repompé deux polices de caractères sans autorisation, a ruiné un peu plus le bon déroulement des opérations, déjà engluées de doute. N’oublions pas le site Jaimelesartistes, et ses partenaires commerciaux moyennement cachés, ou encore la pétition pro Hadopi qui intégrait des artistes contre Hadopi, le tout avec un groupe UMP un peu trop fan de MGMT, de lipdub sauvage, de dessin de presse… etc.