Orange est convaincue de la pédagogie d’Hadopi

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Marc Rees
Xavier Couture a été interviewé dans la publication Édition Multimédi@ (n°4, en date du lundi 28 décembre). « L’Hadopi prend du retard. Les décrets d’application de la loi ne sont pas signés. Cela vous inquiète-t-il ? » a demandé le journaliste Charles de Laubier.

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Réponse du directeur des Contenus du groupe France Télécom : « Orange a toujours soutenu la lutte contre le téléchargement illégal et a fortement contribué à faire aboutir les accords de l’Élysée (dits Olivennes) signés en 2007. Nous sommes notamment convaincus de la nécessité de faire de la pédagogie auprès des internautes. La priorité aujourd’hui pour lutter contre le piratage est en effet le développement de l’offre légale ».

Xavier Couture se positionne ici comme s’il venait de signer ces fameux accords Olivennes, comme si le cinéma n’avait pas fourni de chiffres sur son excellent état de santé, et comme si Hadopi, fruit des accords Olivenne, se concentrait sur le pirate alors qu’elle s’en prend avant tout à l’abonné. Hadopi, la panacée.

Un discours qui tranche avec celui qu’on avait pu lire sur les blogs internes de l’opérateur où on découvrait par exemple qu’Hadopi pouvait être "dangereux" pour le gouvernement. Plus tôt encore, Orange avait dénoncé le projet français à Bruxelles, estimant que la coupure d’accès « pourrait s’avérer disproportionnée ». Le "toujours soutenu" a donc une portée relative dans le temps et dans l'espace.

FIxer un cadre avant de développer l'offre légale

Pour aller un peu plus loin, et apporter de l’eau à son moulin, le directeur des contenus met en avant non Jamendo, Deezer ou Jiwa, mais les offres Orange « payantes, sécurisées et innovantes, accessibles au plus grand nombre et rémunératrices pour les ayants droit » . Des offres qui « répondent aux nouveaux usages de la consommation de contenus ». Une chose est sûre : « le développement de cette offre légale passe par la fixation d’un cadre réglementaire favorable, tenant compte des modèles économiques existants et des accords professionnels ». Dans la lettre  précitée, envoyée à Bruxelles, Orange expliquait au contraire qu'il fallait développer l’offre légale avant le volet répressif ("In our view, boosting the building of a diverse legal offer is a prerequisite to any criminalization of illegal file-sharing practicesvoir le document)

Plus de frontières entre les écrans, mais entre les FAI

Xavier Couture constate aussi la « disparition progressive des frontières entre les écrans, TV, PC et mobile notamment ». Mais pas entre les FAI : puisqu’on parle d’encadrement, le directeur des contenus revient sur le dossier de l’exclusivité des chaînes Foot. La Cour d’Appel de Paris avait finalement adoubé ce modèle en faveur d’Orange, mais Free et SFR se sont pourvus en cassation : « la remise en cause des exclusivités acquises par Orange serait une très mauvaise nouvelle pour les univers du sport et de la création » prévient Couture, qui n’a visiblement pas la même vision du « cadre réglementaire favorable » que Free ou SFR.