L'analyse de Francis Ford Coppola sur le piratage et sa lutte

Une idiotie 209
Marc Rees
Isabelle Reigner, journaliste au Monde, a publié des extraits d’une interview de Francis Ford Coppola publiée dans l'édition du 23 décembre du quotidien. Sur le piratage, le personnage remet les points sur les i pour expliquer à la profession et aux politiques ce qui suit :

« On ne peut pas combattre le piratage. Les majors s’engouffrent dans la 3D, mais c’est illusoire. Pirater c’est mal, bien sûr. Mais condamner des gamins parce qu’ils s’échangent des fichiers de films est une aberration. Ce n’est pas du piratage! Vous n’allez pas les forcer à payer 20 dollars un DVD ! C’est complètement idiot… » Une menace de coupure contre ceux qui ne sécurisent pas leur accès internet et/ou n’achètent pas d’œuvres est du même tonneau. On ne peut forcer une personne à acheter, un pistolet sur la tempe.

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Alors que faire ? Le réalisateur d’Apocalypse Now et du Parrain souligne que la valeur attribuée au cinéma initialement était de reproduire le mouvement. « Voir une locomotive avancer dans une pièce c’était fou ! », petit clin d’œil à ce fameux train arrivant en Gare de La Ciotat (sur Wikipedia).

Aujourd’hui, les moyens techniques ont évolué et le cinéma doit retrouver ses origines théâtrales, s’orienter vers le spectacle vivant avec un réalisateur chef d’orchestre : « Le cinéma est devenu malléable : le réalisateur peut jouer en live avec ses fichiers numériques. (…) Les fichiers peuvent être réorganisés différemment à chaque projection, ce qui est un bon moyen de lutter contre le téléchargement! À la sortie du show, vous pouvez distribuer les DVD gratuitement, ou bien les vendre. Les gens seront contents d’en acheter, pour avoir un souvenir, ou pour offrir à un ami ».

On pourra également lire le compte rendu de la master-class du maître, toujours signé Isabelle Reigner  :« [C'est Balzac] qui affirmait, il me semble, que l’on trouve toujours son inspiration chez les autres. Mon père, lui, me disait : vole, mais ne vole qu’aux meilleurs. Il ne faut pas hésiter à se servir, car de toute façon, dès lors que vous vous emparez de l’idée d’un autre, vous vous l’appropriez, elle devient la votre. Et puis ça fait plaisir : c’est un hommage aux anciens, une manière de les rendre immortels ».