L'UFC-Que Choisir s'attaque aux contrats d'abonnement de Free

Ils ont Free, ont ils tout compris ? 86
Nil Sanyas
L'histoire d'amour entre Free et l'UFC-Que Choisir continue. Outre son opposition à la filiale d'Iliad concernant la gestion tarifaire de sa hotline, voilà que l'association compte cette fois s'en prendre à Free pour pratiques déloyales et illicites. Concrètement, plusieurs point précis sont pointés du doigt par l'UFC.

Free Service PlusTout d'abord, si quelqu'un s'abonne via le site Internet du FAI, la case "Service Plus" est cochée par défaut, ce qui rajoute 9,99 euros à la facture mensuelle, soit 39,98 euros par mois en tout. Plus important encore, cette somme de 39,98 euros n'est pas affichée à la fin de la procédure. Seuls les 29,99 euros sont mis en avant. Or après quelques courtes recherches sur le Web de notre part, de nombreux abonnés se sont effectivement abonnés à ce service sans s'en rendre compte...

Autre point important, la loi Chatel impose un délai de résiliation de 10 jours maximum, or les CGV (conditions générales de ventes) de Free ne semblent pas avoir été mises à jour. Si l'UFC a vu un mois sur le site de Free, nous lisons pour notre part un système alternatif :  « La résiliation sera effective au choix de l'abonné, soit dès la réception du formulaire de résiliation, soit le dernier jour du mois de réception (date de l’accusé réception faisant foi) du formulaire de résiliation. » Dans tous les cas, le délai de 10 jours n'est pas mentionné. L'UFC pourrait d'ailleurs profiter de sa plainte pour revenir sur les fameux 96 euros moins 3 euros par mois, jugés disproportionnés par l'association, d'autant plus qu'ils sont remis à 0 (ou plutôt 96 euros) à chaque changement de contrat, et donc d'acceptation des nouveaux CGV.

Mais l'UFC ne s'arrête pas là. Les conditions différentes selon les moyens de paiement sont aussi très critiquées. En effet, si le Freenaute ne paie pas son abonnement par prélèvement automatique, c'est-à-dire s'il paie par chèque ou carte bancaire, un dépôt de garantie est demandé. Or 400 euros sont demandés si l'on en croit la brochure tarifaire de Free, sans compter 4 euros par mois pour frais de traitement.

"Mieux" encore, l'association compte s'attaquer au slogan de Free : « Il a Free, il a tout compris ». En effet, ce slogan laisse entendre que tout est compris, or de nombreuses options et appels téléphoniques ne sont pas inclus dans l'abonnement. Cependant, le double sens du slogan de Free pourrait bien mettre à bas cette critique de l'UFC.

Enfin, certains services, comme la radio sur la TV, le multiposte , etc., ne sont pas ou plus exclusifs, contrairement à ce qu'affirme Free. L'UFC reviendra aussi sur ce point. 

Selon Guillaume de Calignon et Solveig Godeluck, journalistes pour Les Échos, l'UFC a assigné Free vendredi dernier devant le TGI de Paris, et a réclamé 530 000 euros de dommages-intérêts « en réparation du préjudice causé à l'intérêt collectif des consommateurs ». L'audience devrait avoir lieu le 9 mars prochain si la procédure est jugée recevable par le tribunal de grande instance.