Le ministère de la Culture cherche un surveillant de l'info en ligne

Taupe chrono 157
Marc Rees
Le ministère de la Culture ne se soucie pas seulement de l’impact d’Hadopi dans les médias. En pleine guerre de l’info et de la communication, il veut également connaître l’opinion du web sur la politique du ministre.

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Une annonce a été postée par la Rue de Valois sur le site du BIEP.gouv.fr (bourse interministerielle de l'emploi public). Elle vise à trouver un chargé d’étude et de veille d’opinion aux multiples missions : « surveillance des publications web, détection des signaux faibles, analyse de la tendance de l’opinion au regard de l’activité du ministère et à l’image du ministre ».

Ce job s’inscrit au sein du pôle « Veille et analyses média » du ministère de la Culture, pôle « chargé de traiter l’information relative à la politique mise en place par le ministre, de faire des recherches en priorité pour le cabinet du ministre ». Le candidat devra ainsi définir « la problématique avec les destinataires de la veille », assurer la « mise en place de systèmes de collecte automatisée », faire du sourcing (qualification de sources : identification et sélection de sources d’information sur Internet, identification de réseaux d’influence sur Internet, veille permanente sur l'apparition de nouvelles sources ou nouveaux modes d'accès…). 

Participer aux réseaux sociaux

Tout ce jus informationnel sera traité et compacté pour être ensuite fourni clef en main aux membres du cabinet. Lesquels pourront prendre les décisions qui s’imposent (éviter les points godwin à l’Assemblée nationale, éviter de constater un pare-feu dans Open Office, éviter de transférer des mails trop rapidement à une chaîne de TV, et autres catastrophes de comm'). 

L’heureux candidat devra faire preuve de réactivité, d’adaptabilité, de vision stratégique et managériale de l’information et de la documentation exige l'annonce, et il devra évidemment maîtriser les outils en ligne. Les gus dans un garage auront d’ailleurs bientôt un nouvel ami sur Facebook puisque le postulant devra encore « repérer les informations inédites, par l'échange et la participation à des réseaux ».

La guerre de la désinformation

La mission trouve une filiation et un écho avec le récent appel d’offres sur la communication autour d’Hadopi . Dans ce document, il est prévu qu’« à partir des arguments avancés lors de l'examen devant le Parlement de la loi « Création et Internet », la communication devra être conçue de manière à apporter par anticipation une réponse aux campagnes de désinformation qui pourraient être lancées ». Anticiper la désinformation, placer des sondeurs pour faire de la veille analytique, le ministère soigne sa comm’.

Nicolas Princen, les yeux et les oreilles de l’Élysée

En mars 2008, l’Élysée engageait un certain Nicolas Princen, jeune recrue de 24 ans chargée de renifler toutes les infos traitant de Nicolas Sarkozy sur Internet (sites d’actualités, blogs, forums, sites d’hébergements). « Traquer les fausses rumeurs et déjouer toute désinformation à l'encontre du Président. »