En arrêt maladie pour dépression, ne souriez pas sur Facebook

La larme et l'assurance à l'oeil ? 510
Faut-il faire « la gueule » sur Facebook quand on est en congés maladie ? Une Québécoise de 29 ans, Nathalie Blanchard, est en arrêt maladie depuis plusieurs mois. Son médecin a décelé une grave dépression. Problème : sa compagnie d’assurances vient de stopper nette ses indemnités, l’agent lui aurait expliqué qu’elle était en mesure de retravailler pour IBM compte tenu de ses photos sur Facebook. Une affaire qui a secoué les médias outre-Atlantique et contraint la compagnie d’assurances, Manulife (ou Manuvie) à expliquer qu’elle ne s’appuyait pas uniquement sur les informations glanées sur le réseau social (voir cependant cette actualité).

Selon Nathalie Blanchard, l'agent d'assurance lui aurait au contraire parlé de ses photos où elle s’amuse lors d’un spectacle de Chippendales, celles où elle est en vacances au soleil ou en train de fêter son anniversaire. Des indices qui démontreraient que l’assurée était tirée d’affaire, apte à retravailler...

Visiblement, l’expression de cyclothymie était inconnue de ce pro de l'assurance. « Sur le moment, je suis heureuse, mais avant ou après, j'ai les mêmes problèmes » a répondu Nathalie Blanchard. Son avocat, Tom Lavin, expliquera sans mal que « je ne crois pas que Facebook permette de bien juger de l'état psychologique d'une personne ». Un peu comme si on prenait pour argent comptant le nombre « d’amis » de chaque profil Facebook. « Ce n'est pas comme si une personne avait des problèmes de dos et qu'une photo la montrait en train de transporter des briques. On a diagnostiqué une dépression majeure à ma cliente. Il y a des photos d'elle à un party et d'autres où elle s'amuse, mais cela peut seulement vouloir dire qu'elle essayait de s'évader. »

Conclusion en guise de gifle contre cet assureur : « je ne vais pas mettre des photos de moi qui pleure sur Facebook ».