Twitter, un sévice public pour le ministre Christian Estrosi

L’arrivée d’Internet au Parlement a ses mérites et ses faiblesses. Ses mérites, car, comme nous l’exposions dans le livre La Bataille Hadopi, le réseau tisse de nouveaux liens entre les citoyens connectés et « leurs » parlementaires. Les échanges furent ainsi denses durant Hadopi et plusieurs fois des députés ont rapporté les propos des internautes, transmis par leurs attachés en pleine séance. Une e-démocratie, un parlementarisme éclairé qui permet à quelques-uns de compter sur l’attention d’une masse d’individus attentifs prêts à l'activisme pour nourrir le débat d’idées.

L’arrivée d’Internet au Sénat ou à l’Assemblée a aussi ses faiblesses pour ceux qui pensent que tout peut être dit lors des pauses. Ainsi cette vidéo filmée par Public Sénat qu’on retrouve sur Dailymotion.


Le sénateur Martial Bourquin s’en prend au ministre Christian Estrosi pour ses propos sur... Twitter.

« Je viens de consulter le site Twitter de M. Estrosi. On peut y lire : « Les sénateurs socialistes et communistes font de l'obstruction, mais considèrent qu'ils travaillent trop. Que peuvent en penser les Français ? » Ou encore : « Le référendum d'initiative populaire : socialistes et communistes en ont rêvé, notre majorité l'a instauré ». Si seulement ! On lit aussi : « Patriat PS. Raconter autant de salades en séance, me solliciter pour accompagner ses projets et se coller à moi sur la photo Bourgogne. Gonflé. » (ces propos ont été supprimés)

Le parlementaire citera encore le Twitter du ministre : « Je commence le bêtisier: Bourquin PS:"efficacité du service publique mais cette efficacité pas au détriment du service publique ».

Réponse du Parlementaire : « Même si je suis autodidacte comme vous, monsieur le ministre, je vous fais remarquer que « service public » s'écrit avec un « c », non avec « que ». Quand on parle de l’identité nationale, l'orthographe fait partie de l’identité nationale » tacle le Sénateur qui continue à comparer les propos d’Estrosi sur Twitter avec ce qui s’est réellement passé en séance. L’un twittait pour dire qu’il n’y avait rien, quand l’autre répondra que des sénateurs ont passé une bonne partie de leur temps de parole pour exposer ce que le ministre n’avait pas entendu…

Le ministre chargé de l’industrie se défendra en estimant que « c’est la liberté pour chacun d’utiliser les médias qu’il souhaite pour dénoncer sa part de vérité ». C’est sans doute la première fois que Twitter devient ainsi le terrain d’une joute au Sénat. Et ce n’est sans doute pas la dernière fois. Le problème est que nous nous retrouvons face à un exécutif pour le moins contradictoire où les uns comme Nicolas Sarkozy ou Nadine Morano veulent civiliser l’Internet quand les autres multiplient ces incivilités en se laissant aller aux propos faciles, pour ne pas dire plus… L’ex-motard Estrosi pourra toujours prêter l'oreille aux idées sécuritaires de Nadine Morano, selon qui « il faudrait instaurer une police internationale de la Toile » et qui est  « pour la liberté, mais aussi pour un « Code de la route » sur le Net »…

Vous n'avez pas encore de notification

Page d'accueil
Options d'affichage
Abonné
Actualités
Abonné
Des thèmes sont disponibles :
Thème de baseThème de baseThème sombreThème sombreThème yinyang clairThème yinyang clairThème yinyang sombreThème yinyang sombreThème orange mécanique clairThème orange mécanique clairThème orange mécanique sombreThème orange mécanique sombreThème rose clairThème rose clairThème rose sombreThème rose sombre

Vous n'êtes pas encore INpactien ?

Inscrivez-vous !