Ceux qui téléchargent illégalement achètent bien plus de musique que les autres

L'oeuf ou la poule ? 157
Nil Sanyas
Les études sur les comportements d'achats de musique des pirates se suivent et se ressemblent. Une récente étude anglaise, réalisée par Demos, confirme que ceux qui téléchargent illégalement sont de bien plus gros consommateurs (en moyenne) que les autres.

La licence globale à 5 £, pourquoi pas ?


Demos telechargement musique illégal barrieres Une enquête, réalisée le mois dernier auprès de 1 008 internautes Anglais âgés de 16 à 50 ans, montre ainsi qu'un tiers d'entre eux utilisent divers moyens pour télécharger gratuitement de la musique. Mais seulement 9 % avouent vraiment télécharger illégalement.

Que ce soit par P2P (BitTorrent), des sites de téléchargements de type Rapidshare, ou tout simplement des moteurs de recherche pour trouver des fichiers directement sur des sites, tous les moyens sont bons.

Point intéressant, 47 % des sondés et 72 % des "pirates" sont pour une sorte de licence globale. Payer 5 £ par mois pour une telle offre serait la plus attrayante financièrement note l'étude, même si de nombreux contre-arguments ont été proposés par les sondés. 

47 % ne veulent ainsi pas d'une licence globale, tout simplement parce qu'ils ne pensent pas l'utiliser assez. 36 % préfèrent acheter eux-mêmes leurs musiques sur Internet, et 34 % veulent des CD et non des fichiers dématérialisés. 20 % veulent d'ailleurs un boîtier et le package, et 15 % ne veulent pas payer...

Le streaming légal, tueur du téléchargement illégal


Autres statistiques intéressantes, si seulement 9 et 5 % des sondés utilisent respectivement Spotify et Last.fm, l'étude montre que 91 et 90 % respectivement d'entre eux ne téléchargent pas illégalement. En somme, la quasi-totalité des utilisateurs d'offres de streaming ne voit plus d'utilité à télécharger via P2P, Newsgroups, IRC et autres zones spécialisées. Un comportement que bien des utilisateurs de Deezer et Jiwa ont aussi adopté en France et en Europe.

Mais venons-en aux achats des "mauvais" téléchargeurs. 47 % ont avoué acheté une quantité égale de musique depuis qu'ils passent par des voies illégales. 8 % ont légèrement réduit leurs acquisitions de musique, tandis que 11 % en ont consommé beaucoup moins. A contrario, 16 % en achètent un peu plus, et 10 % beaucoup plus.

Les gros acheteurs piratent, ou les piratent achètent plus ?


80 % des téléchargeurs illégaux ont acheté de la musique, peu importe le format (CD, Vinyl, MP3). Mieux encore, en moyenne, ils ont dépensé 77 £ lors des douze derniers mois, contre 44 £ pour les non-adeptes du téléchargement illégal. Une différence importante de 33 £ (soit 37 €).

Enfin, Demos a posé deux questions fort intéressantes lors de son enquête. La première (graphique ci-dessous) porte sur les raisons pour lesquelles les personnes téléchargent illégalement. Les trois premières réponses sont classiques :
  1. 46 % : Parce que c'est disponible (accessible)
  2. 42 % : J'aime écouter avant d'acheter
  3. 32 % : Je ne trouve pas ce que je veux via les voies légales
     
Demos telechargement musique illégal raisons

La menace d'une riposte graduée pourrait fonctionner


L'autre question porte cette fois sur les raisons qui pourraient pousser à arrêter le téléchargement illégal. Surprise, les menaces (type riposte graduée) font partie des raisons les plus citées par les sondés. Le menace de couper la connexion pendant un mois ferait ainsi reculer 61 % des téléchargeurs illégaux. Même pourcentage pour une amende. 57 % d'entre eux stopperaient leurs activités s'ils recevaient une lettre, 44 % si leur débit était réduit pendant un jour, et 41 % pendant un mois (NDLR : on peut néanmoins se demander s'il n'y a pas une erreur concernant ces deux dernières statistiques...).

Reste à savoir si ces personnes contraintes à se boucher les oreilles continueraient alors à acheter légalement de la musique...