Hadopi : la France tente d'influencer une députée suédoise

La nouvelle fait le tour du Web à vitesse de TGV : la France aurait tenté d'influencer une député étrangère en vu du vote du Paquet Télécoms. Mieux encore, la France aurait utilisé son ambassade locale pour réaliser une telle pression.

Camilla Lindberg eurodéputée suédoise Petit rappel des faits : après avoir voté Hadopi 2, et en attendant l'avis du Conseil constitutionnel, la France peut rencontrer un problème européen pour appliquer sa loi anti-téléchargement, et notamment le troisième volet de la riposte graduée (la suspension de l'accès à Internet). Ce potentiel problème se nomme Paquet Télécoms, que nous avons maintes fois abordé, notamment grâce au feuilleton du fameux amendement 138 (de Guy Bono) et le pseudo compromis cherché par Catherine Trautmann.

La députée suédoise Camilla Lindberg a cependant eu la surprise de recevoir récemment les ambassadeurs français afin de lui faire entendre raison sur sa position.

Il faut dire que Camilla Lindberg connaît bien les nouvelles technologies et n'apprécie guère de transgresser une liberté (couper l'accès à Internet) pour défendre un droit (les droits d'auteurs). Contre l'arrêt de The Pirate Bay, Camille Lindberg est aussi anti-riposte graduée. La position de la députée suédoise n'est donc pas très appréciée par la France, qui ne souhaite pas voir le Paquet Télécoms lui barrer la route au niveau national.

Selon Camilla Lindberg, qui s'est confiée au quotidien SvD, les ambassadeurs français lui ont expliqué que sa position était problématique. « Je n'ai normalement aucun contact avec l'ambassade de France et la semaine dernière, j'ai reçu un appel de leur part, et c'était très urgent » a-t-elle expliqué à SvD.

D'après la député, ces visiteurs inhabituels lui ont demandé pourquoi elle avait une approche aussi simpliste de la question, et d'expliquer que cela allait à l'encontre de la riposte graduée, qui serait la seule véritable solution pour lutter contre la téléchargement illégal. Camilla Lindberg a alors répliqué que la Suède avait un point de vue différent de la position française, tout simplement.

Confirmant la rencontre, l'ambassade française a cependant nié toute pression. Il s'agissait selon elle de simplement discuter afin de connaître la position de la députée. Une explication qui ne devrait pas convaincre grand monde.

Interrogé par le SvD, Christer Jonsson, professeur à l'Université et spécialisé dans la diplomatie, pense qu'il s'agit là d'un cas d'ingérence, les ambassades étant présentes pour discuter d'éventuels problèmes entre les deux pays, mais pas pour ce type de loi. Qui plus est, les ambassadeurs devraient plutôt contacter le gouvernement, et non pas les députés locaux.

Quoi qu'il en soit, cette affaire devrait faire du bruit en Suède... et en France. Tout du moins sur la toile... 

MàJ : attention, Camilla Lindberg n'est pas eurodéputée, mais simple députée suédoise. Le cas d'ingérence est donc ici d'autant plus important.

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