Affaire Brice Hortefeux : toutes les déclarations anti-Net (MàJ)

Anti-Net et avec bavures 219
MàJ : Henri Guaino s'est à nouveau illustré ce matin sur France Inter (voir ci-dessous). Nous avons profité de cette mise à jour pour rajouter les propos de Dominique Wolton, sociologue et directeur de recherche au CNRS (merci etienne.flesch).

------------------------------

Les dernières déclarations de Brice Hortefeux lors de l'université d'été de l'UMP‎ font grand bruit ces derniers jours. Si nous ne jugerons pas ici ces déclarations, PC INpact a néanmoins souhaité revenir sur les diverses déclarations quant aux influences néfastes d'Internet, alors que les images ont à la base été filmées par des journalistes de la chaîne de télévision Public Sénat, images diffusées ensuite par le journal Le Monde sur son site Internet. En somme, Internet n'a été qu'un outil aux services des autres médias traditionnels. Pourtant, c'est bien Internet ici qui est particulièrement fustigé.

Brice Hortefeux derapage Le Monde

Suite à ces attaques incroyables envers la toile – et ce ne sont pas les premières – nous référencerons ici toutes les critiques réalisées à son encontre en rapport avec cette affaire. N'hésitez pas à nous signaler dans les commentaires les autres déclarations sur cet évènement non référencées ci-dessous.

Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy.

« Pour l'instant nous n'avons pas appris collectivement à nous servir de la meilleure façon des nouvelles technologies de communication. Internet ne peut être la seule zone de non-droit, de non-morale de la société, la seule zone où aucune des valeurs habituelles qui permettent de vivre ensemble ne soient acceptées. Je ne crois pas à la société de la délation généralisée, de la surveillance généralisée. » (source : France Info)

« Oui, je pense qu'il faut réguler [Internet]. On a commencé avec la loi Hadopi sur les droits... Il peut pas y avoir de zones de non droit, il peut pas y avoir de zones de non morale, il peut pas y avoir de zones qui échappent à tout, à toutes les obligations, les exigences sociales, ce n'est pas possible. (...) C'est un débat très profond, ne le caricaturons pas. » Répondant à la question de Nicolas Demorand sur France Inter : « faudra-t-il un jour réguler Internet ? ».
 

Jean-François Copé
, président de l'UMP à l'Assemblée nationale.

« Je crois qu'on a dit beaucoup de choses sur Brice Hortefeux, ses commentaires, ses propos, l'atmosphère de la scène, du coup, on en a oublié de dire quoi que ce soit sur autre chose qui paraît essentiel aussi : Internet. (...) Y'a un moment, il faudra quand même qu'on assume un débat public sur la question "Internet et la liberté". Car je pense que nous, qui sommes si attachés à réguler tant de choses, à essayer d'organiser, pour que les uns et les autres puissent vivre dans une démocratie, où chacun est entendu et respecté, cet immense espace qu'est Internet, dans lequel on peut diffuser n'importe quelle image, la tronquer dans tous les sens... » (Source : France 2Arrêt sur Images)  
 
Patrick Devedjian, ministre de la Relance, et Eric Besson, ministre de l’Immigration, estiment pour leur part que cette affaire témoigne d’un « fonctionnement malsain de la Toile ». (source : France Info)

Luc Chatel
, ministre de l'Éducation nationale et porte-parole du gouvernement.

Cet exemple « doit nous interpeller tous sur la capacité qu'il y a, tout d'un coup, à monter en épingle des bribes de séquences sur internet sorties de leur contexte ».
 
Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP.

« Dans la société de l'immédiateté et de l'instantané où Internet est roi, il ne doit pas y avoir de moments de relâchement ou de moments d'humour qui peuvent être ensuite interprétés. » 
 
Le Républicain Lorrain, éditorial du samedi dernier.

« Surexploitée par les socialistes qui font ainsi oublier leurs propres turpitudes, l’affaire va désormais coller à la peau du ministre de l’Intérieur. Et nous amener, quant à nous, à réfléchir aux dérives de l’information à l’heure d’internet. Après ça, il ne faudra pas se plaindre de constater que, soumis en continu à l’œil de Big Brother, les politiques en reviennent comme un seul homme à la plus pesante des langues de bois. » (Source : Gilles Klein)

Frédéric Dabi, politologue et directeur du département opinion publique de l'IFOP.

« Internet a complètement changé la donne pour l'image politique. Les personnalités les plus en vue ne peuvent plus comme avant séparer la sphère privée de la sphère publique. » (Source : AFP)
 

Dominique Wolton, sociologue et directeur de recherche au CNRS.

« Le Net et les médias sont deux espaces différents. (...) D'un côté un espace pas vérifié, par légitimé, qui est Internet, de l'autre un espace légitime, qui est les médias. » (Source : RTL)