France : le marché de la musique s'écroule encore et toujours

Et même que ça légitime Hadopi selon le SNEP 391
Comme chaque trimestre, le marché des ventes de musique continue de s'écrouler. Selon le SNEP, les six premiers mois de l'année 2009 ont ainsi vu leurs ventes chuter de 17,8 %, pour atteindre 229,2 millions d'euros, contre 279 millions lors du premier semestre 2008.
 
SNEP Musique France S1 2002-2009

Voici tous les chiffres détaillés en un coup d'oeil :
  • Ventes physiques (CD/DVD audio) : 191 millions d'euros (-21 %)
    • Dont ventes de singles : 2,6 millions d'euros (-50,4 % !)
    • Dont ventes d'albums : 173,3 millions d'euros (-20,8 %)
  • Ventes numériques (Internet, Téléphone) : 37,6 millions d'euros (+3,3 %)
    • Dont téléchargements sur Internet : 17,8 millions d'euros (+39 %)
    • Dont téléchargements sur Mobile : 9,8 millions d'euros (-51 % !)
    • Autres revenus numériques (streaming, abonnement) : 10 millions d'euros (+200 % environ)
Les revenus liés à la musique numérique ont donc chuté en grande partie à cause de l'écroulement du marché musical du mobile. Les sonneries, généralement si onéreuses, auraient-elles moins de succès ?

Aujourd'hui, le marché physique représente 83 % des ventes, contre 17 % pour le numérique donc. Outre-Atlantique, le numérique est proche des 50 %.

Notez que la comparaison entre les premiers semestres des années 2009 et 2002 est impressionnante :
  • Ventes physiques en 2002 : 577 millions d'euros
  • Ventes des singles : 68 millions d'euros
  • Ventes des albums : 482 millions d'euros
  • Ventes de DVD Audio : 27 millions d'euros
Depuis 2002, le marché global est donc passé de 577 millions d'euros à 229 millions d'euros aujourd'hui, soit plus de 60 % de baisse en sept ans. Sans compter le numérique, la chute est encore plus importante : - 68 %.

Les singles sous forme de CD devraient quasiment disparaître vu leur chute vertigineuse (-96,2 %  depuis 2002 !). Les ventes de singles sur Internet devancent donc largement les ventes physiques, puisqu'elles représentent désormais 9,2 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Résultat, face à ces résultats catastrophiques, la production francophone s'est écroulée. Avec seulement 199 albums différents produits au premier semestre 2009, nous sommes loin des 531 albums de 2002, et plus loin encore de l'exceptionnelle année 2003, avec 718 albums francophones produits.

La production des albums francophones des premiers semestres de ces dernières années :
  •  2009 : 199 albums
  • 2008 : 199 albums (chiffre stable donc)
  • 2007 : 295 albums
  • 2006 : 406 albums
  • 2005 : 407 albums
  • 2004 : 436 albums
  • 2003 : 718 albums
  • 2002 : 531 albums
  • 2001 : 469 albums
  • 2000 : 397 albums
  • 1999 : 402 albums
  • 1998 : 411 albums
Le nombre de nouvelles signatures est ainsi passé de 171 en 2002 à 69 en 2008...