Exposition : les ondes FM et Wi-Fi devancent les ondes GSM/3G

Qui écoute la radio avec son PC Wi-Fi et devant son micro-onde non stop ? 152
Véritable tête de Turc des ondes depuis plusieurs mois, les antennes-relais pour téléphone mobile sont sans cesse chassées, éloignées voire retirées du paysage urbain (et même rural).

Or si pour Martin Bouygues, cette situation difficile devrait empêcher l'éclosion d'un quatrième opérateur (voir ici et ), une nouvelle étude a tenté d'analyser pour la France les différents niveaux d'ondes selon le type de réseau, à savoir les réseaux mobiles (GSM, 3G, etc.), les réseaux fixes, le Wi-Fi, la télévision, la radio, le micro-onde, etc. 

La radio FM et le Wi-Fi pointés du doigt


Réalisée par cinq chercheurs venant du CNRS et de divers centres de recherche contre le cancer et les risques industriels (CREAL, IARC, INERIS, INRETS), cette étude a tenté d'analyser durant 24h non stop (peu importe l'heure et le lieu) les ondes reçues par 377 individus différents. Environ la moitié vivaient à Besançon (ville moyenne) et l'autre moitié à Lyon (grande ville bien desservie par tous les réseaux). L'étude a été réalisée entre décembre 2005 et septembre 2006.

Les résultats sont particulièrement intéressants. Au total, les chercheurs ont pu mesurer des ondes détectables (0,05 Volt/m au minimum) dans 46,6 % des zones étudiées, 46,1 % à Besançon et 47,1 % à Lyon plus précisément. En moyenne, l'étude annonce que les personnes étudiées reçoivent 0,201 volt/mètre, soit un résultat bien au-deçà du seuil actuel fixé à 1 volt/mètre (pour les antennes relais), seuil qui pourrait bien être réduit à 0,6 volt/mètre sous la pression de certains groupes écologistes. Il ne s'agit cependant ici que d'une moyenne, certains sont donc bien au-delà.

Les ondes détectées les plus importantes proviennent étonnamment des téléphones fixes sans fil (17,2 % au total, 19,8 % à Lyon), tandis que le Wi-Fi arrive en deuxième position (14,2 % au total, à peine 7,3 % à Lyon), suivi par la radio FM (11 %).

Etude ondes telephone Wifi Radio FM

Les réseaux de téléphones mobiles sont loin derrière, même si importants en cumulé, comme le montre le tableau ci-dessus (partie à gauche).

Cependant, concernant les ondes dépassant le seuil d'1 volt/mètre, la téléphonie mobile (GSM et DCS en émission) est particulièrement bien placée, avec les ondes Wi-Fi, les téléphones fixes sans fil et les micro-ondes. Cela reste néanmoins ultra minoritaire, la téléphonie mobile cumulant seulement 0,6 % des cas à Lyon, et 0,3 % à Besançon.

Comme précisé ci-dessus, globalement, le niveau moyen reçu est de 0,201 volt/mètre. Dans les détails, on retrouve la radio FM en pôle position avec 0,044 V/m, suivi par les ondes Wi-Fi et micro-ondes (0,038 V/m), la téléphonie fixe sans fil (0,037 V/m), et les téléphones mobiles 3G (0,036 V/m en émission et 0,037 V/m en réception). Du côté des GSM (2G), on tombe à 0,013 V/m en émission, et 0,018 V/m en réception.

En somme, hormis lors de certains pics, la téléphonie mobile, particulièrement GSM, est loin derrière les autres types d'ondes, que ce soit en proportion ou en niveau moyen de Volt/mètre.

Les zones urbaines restent malgré tout beaucoup plus sujettes aux ondes (0,231 V/m en moyenne) que les zones péri-urbaines (0,201) et les zones rurales (0,156), notamment en ce qui concerne les ondes FM et GSM.

Ci-dessous, voici un tableau récapitulatif avec le nombre de mesures, selon les villes, les densités, le temps, les catégories d'âge, et les habitudes des 377 personnes analysées.

Etude ondes telephone Wifi Radio FM

On remarque que selon l'étude, les adultes, notamment du fait de leur travail et une exposition plus grande au téléphone portable et au Wi-Fi, sont plus exposés que les jeunes.

Enfin, l'étude note que des pics d'exposition ont été relevés (entre 2 et 4 V/m) lorsque le micro-ondes est en marche.

Comme vous l'aurez noté, les personnes étudiées l'ont été chez elles, mais aussi à leur travail, dans la rue, dans le bus, le tramway et le métro, etc.