Mitterrand ne veut pas être dans le moule, rentre dans les rangs

Faites le moule pas la guerre 112
Dans un entretien au Journal du Dimanche, Frédéric Mitterrand a finalement expliqué qu'il n'est « pas là pour être dans le moule » mais « dans le réel ».

frederic mitterrand

Dans cet entretien, le ministre affirme : « Je n’ai jamais téléchargé illégalement, pour moi c’est du vol. Mais ça existe beaucoup chez les jeunes. J’ai été obligé de faire de la pédagogie avec mon fils qui téléchargeait illégalement, comme tous les gosses de son âge. Il a 18 ans. Ça a marché, il ne le fait plus. C’est tout le pari de la loi: des avertissements pédagogiques, et une sanction pour les rendre efficaces ». Le ministre de la Culture a expliqué sa méthode d’enseignement : « Je lui ai dit qu’il prenait gratuitement des choses pour lesquelles des artistes avaient travaillé et n’étaient pas payés », une recette qui n’intervient jamais trop tard : « Toutes les lois qui introduisent une régulation semblent venir trop tard et finalement s’appliquent. On ne fume plus dans les boîtes de nuit ou les restaurants! La pédagogie est la clé. Ensuite, il faudra faire en sorte que l’offre légale soit plus attractive pour les internautes, et que les nouvelles recettes aillent bien rémunérer les artistes ».

Mitterrand d’avant et d’après Hadopi

C’est pourtant ce même Mitterrand qui expliquait devant la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale que (tout a été enregistré sur le site de l’Assemblée) « concernant les œuvres disparues, il est vrai que l’on est parfois bien content de pouvoir compter sur des enregistrements pirates de l’époque, ceux de la Callas, par exemple… Moi-même je n’ai pu me procurer une interview de l’écrivaine danoise Karen Blixen – dont le roman autobiographique a été adapté au cinéma sous le titre Out of Africa – qu’en la recopiant ». Et lorsque la Garde des Sceaux expliqua : « Pour prendre des exemples concrets, il y a effectivement le téléchargement illégal effectué par le titulaire de l’abonnement, mais il y a aussi – et ce cas de figure est fréquent – celui effectué par la famille. Ainsi, M. le ministre de la Culture se verra couper l’abonnement à Internet pendant un mois parce que son fils aura téléchargé illégalement ! », Mitterrand répondit du tac au tac « J’ai deux abonnements… » avant d’avouer « J’ai moi-même été piraté – peu d’ailleurs, j’aurais presque préféré l’être plus… »