Le ministre de la Culture est parfois bien content de pirater

Coupons-le à la Bastille ! 157
Les comptes rendus de la Commission des affaires culturelles sont une petite mine d’or. Ainsi cet aveu de Frédéric Mitterrand, lors des débats feutrés :

« Concernant les œuvres disparues, il est vrai que l’on est parfois bien content de pouvoir compter sur des enregistrements pirates de l’époque, ceux de la Callas, par exemple… Moi-même je n’ai pu me procurer une interview de l’écrivaine danoise Karen Blixen – dont le roman autobiographique a été adapté au cinéma sous le titre Out of Africa – qu’en la recopiant … (sourires).

Pour autant, cela ne change rien à ma position de fond, car de tels enregistrements sont, pour la plupart, devenus légaux après avoir été rachetés. Certes, dans ce qui est ici un problème de société, nous sommes à la frontière, mais c’est bien pour cela que je tiens au troisième volet, celui de la concertation, afin de comprendre et de résoudre les questions qui se posent, en particulier en matière de rémunération
».
 
En somme, piratons, piratons et expliquons aux agents de l’Hadopi, aux milices et au juge : « je vous promets d’acheter cette œuvre une fois qu’elle sera disponible ». Des amendements avaient été déposés lors d’Hadopi 1 visant à réserver le volet sanction, qu’aux œuvres disponibles sur les canaux légaux. Ils furent tous « avis-défavorabilisés » et donc rejetés...

Un peu plus tôt dans le débat, MAM voulait se faire didactique :
 
« Pour prendre des exemples concrets, il y a effectivement le téléchargement illégal effectué par le titulaire de l’abonnement, mais il y a aussi – et ce cas de figure est fréquent – celui effectué par la famille. Ainsi, M. le ministre de la Culture se verra couper l’abonnement à Internet pendant un mois parce que son fils aura téléchargé illégalement ! »
 
Réponse de Mitterrand :

« J’ai deux abonnements… (Sourires). »

Sous entendu, coupez, coupez donc, je continuerai à télécharger sur ma ligne nº 2.

Autre échange piquant :
 
Frédéric Mitterrand : « J’ai moi-même été piraté – peu d’ailleurs, j’aurais presque préféré l’être plus… (Sourires). »
M. Patrick Bloche. Comme Carla Bruni… Enfin, en 2006 ! (Sourires).
M. le ministre. Je n’avais pas cette référence en tête.
M. Patrick Bloche. Je vous enverrai la vidéo.
M. le ministre. Je vous remercie de m’aider à approfondir ma relation avec l’épouse du Président … (Sourires).

La revoilà d’ailleurs :