Opera Unite : une plateforme géante de services de partage

Ça ne réinvente pas le Web, mais c’est très prometteur 464
Nous sommes le 16 juin et, comme promis, Opera Software vient de lancer un nouveau produit : Opera Unite. Le symbole du nuage prend maintenant tout son sens : chaque utilisateur peut devenir un diffuseur d’informations. En clair, Opera propose de ne plus se contenter d’interagir avec le Web, mais de devenir le Web.

Un concept ancien, mais une réalisation novatrice

Ce n’est pas l’idée qui est ici notable, car le partage simplifié d’informations devient une optique pour de nombreuses sociétés : c’est la façon de procéder. Et Opera le dit noir sur blanc : « Avec Opera Unite, n’importe quel utilisateur quotidien et non –technicien pourra servir et partager du contenu et des services directement depuis son ordinateur sous la forme d’applications intuitives ». Opera Unite est donc une plateforme qui fait de l’œil aux développeurs afin que ces derniers viennent y créer des applications Web qui permettront aux utilisateurs de s’interconnecter de différentes manières.

Comme Opera prévient d’ailleurs, il est tout à fait possible que des applications copient des produits déjà existants. Ce qui est différent, est que ce sont des services présents dans le navigateur qui n’en sortent donc pas. Ainsi, un service de messagerie instantanée et un lecteur multimédia sont intégrés. Ce ne sont pas des choses révolutionnaires en elles-mêmes, mais l’utilisateur les a « sous la main » sans lancer de véritable installation.

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Discuter en ligne, partager ses photos...

Il faut en premier posséder un compte Opera. C’est en fait déjà le cas si vous avez un compte My Opera ou autre. Une fois connecté, tous les services se mettent très simplement en place. On fait apparaître la barre d’outils via le bouton situé en haut à gauche, puis sur l’icône en forme de spirale. On a alors la liste des services disponibles. Un double-clic active un service, que l’on paramètre alors simplement.

Dans le cas du « Lounge » par exemple, on dispose d’un salon de discussion, et d’une adresse qu’il suffit d’envoyer à des contacts pour qu’ils le rejoignent :

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Le créateur du « Lounge » a tout pouvoir sur son salon et peut donc « kicker » les personnes (les expulser) selon son bon vouloir.

Le partage d’images est également très simple : on choisit un dossier et tout s’affiche ensuite sous forme de grille :

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Du côté de la personne qui se connecte, le même résultat s’affiche. On peut ensuite cliquer sur n’importe quelle image, ce qui fournit une version plus grande avec un lien de téléchargement en-dessous pour la récupérer dans sa taille originale.

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Musique en streaming ? Oui. Partage de fichiers ? Aussi.

Évidemment, vous avez déjà commencé à y penser, et nous le confirmons : ce partage de fichier est tellement simple qu’il risque de faire grincer les dents de certains de nos politiques. Ainsi, le partage multimédia ne permet pour l’instant que de partager un seul dossier, et uniquement pour de la musique au format MP3, mais la chose fonctionne très bien :

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En fait, dans ce mode, la liste des musiques se présente comme dans iTunes et seule la lecture est autorisée. Mais le même dossier, s’il est partagé avec le service « File Sharing », peut être intégralement récupéré en l’état par tous ceux à qui l’on donnera le lien. Et la chose devient encore plus énorme si l’on considère qu’on peut configurer les dossiers en mode public, autorisant ainsi n’importe qui à se connecter à un ou plusieurs services.

Voici par exemple le service de partage de fichiers en action :

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Le fonctionnement est aussi simple qu’on peut l’imaginer : on cliquer sur le fichier, puis sur le lien de téléchargement. Opera vous demande alors où vous souhaitez enregistrer le fichier, vous validez, et l’onglet Transferts s’ouvre alors :

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Un énorme potentiel à double-tranchant

Certes on pourrait arguer qu’il manque de nombreux éléments. La limitation à un seul répertoire par service peut s’avérer pénible, et la simple prise en charge des noms de fichiers pour le partage multimédia (sans lecture des tags) fait que l’on a peu de renseignements sur la musique qui s’affiche devant nos yeux. Cela étant, il faut considérer le point le plus important : il s’agit d’une version Alpha, et autant le dire, Unite est très impressionnant malgré le stade peu avancé de son développement, tant son utilisation est à la portée de tous.

Les autres services présents incluent par exemple « The Fridge » qui permet de laisser des notes à un contact. La gestion de ces derniers est d’ailleurs perfectible, la liste des amis étant en fait gérée depuis le service en ligne My Opera, et non pas dans Unite. Enfin, « Web Server » permet d’héberger un site Web directement depuis son ordinateur, une solution qui sera limitée bien sûr par la qualité de votre connexion pour les visiteurs.

Si l’annonce d’Opera pouvait laisser sceptique à cause de l’expression « réinventer le Web », il faut bien dire que l’éditeur frappe un grand coup, quand bien même ce n'est pas le Web qui est révolutionné. Unite fonctionne bien alors qu’il n’est qu’en version Alpha, tout est simple à utiliser et un soin particulier a été apporté à l’interface, déjà très propre. Il y a nombreux points à améliorer bien sûr, mais le test est là pour ça, d'autant que les liens d'invitations aux services donnés aux contacts fonctionnent dans tous les navigateurs.

Difficile d’imaginer la portée des possibilités pour les développeurs car il semble bien, au vu des quelques services intégrés, que l’imagination soit justement le réel facteur limitant. En outre, ce partage débridé des données, sans limite théorique et sans réglementation, risque d'attirer les foudres des gouvernements lancés dans la lutte contre le piratage.

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