Un autre texte anti-Hadopi supprimé sur le blog d'Orange

Compression d'effectifs ? 70
Mise à jour 20h35: les explications d'Orange
------


Sucrer un texte trop salé contre la Hadopi n’est pas vraiment un pépin chez Orange. L’opérateur a également suicidé cet autre texte du blog dédié à la sécurité dans la maison. On en trouve toujours une copie sur cette page (merci le cache google).


Ce texte titré Hadopi, faut-il en avoir peur ? débute ainsi, feutré et tout en douceur : « Ca y est, à coup de bélier, le texte Hadopi a fini par être adopté. Mais en réalité, faut-il se méfier de la Loi qui en découlera ? On ne sait pas encore comment la détection des pratiques illégales va se faire, mais cela semble très mal parti car la collecte de la preuve est soumise à des règles très stricte, et le fait doit être caractérisé sinon il s'agira d'une pratique abusive...punie par la Loi... ».

Le thème choisi par son auteur est simple : si l'on résume, le projet n'est pas d'une efficacité folle car pour prouver les faits, les agents et la Hadopi pourront s'accrocher. Une grosse baffe pour la stratégie de comm' d'Albanel qui a tout misé sur la loi Hadopi, qu'elle qualifie elle-même d'expérimentation.

hadopi faut il en avoir peur

Hadopi n'est que du vent

Le texte est ensuite encore plus critique que le premier supprimé à la demande de la direction:

Un souffle d'air pur : « Comme nombre de spécialistes le criaient à corps et à cri, Hadopi n'est donc que du vent. A l'heure ou la Communauté Européenne envisage de placer l'accès à Internet comme un droit civique (empéchant ainsi la coupure), on ne peut que constater encore une fois que la politique n'a pas conscience des réalités techniques ».

Port 443 en SSL, HTTPS, etc. etc.

L’auteur du papier a la langue chargée comme un camion de clémentines lorsqu’il s’agit de partager ses compétences techniques face à l'usine juridico-comique : « contrairement à ce que certains politiques, ratant ainsi l'occasion de se taire, ont osé dire en public, non seulement demain aucune solution ne pourra lutter contre ce fléau, mais jamais la solution ne sera à jour avec les techniques utilisées par les téléchargeurs illégaux. Déjà des outils de P2P fonctionnent sur du port 443 en SSL, laissant à penser qu'un flux HTTPS classique est en transit. Même en sniffant, le flux sera indéchiffrable par l'équipement d'écouter et le téléchargement illégal ne pourra donc jamais être caractérisé. A ce jour et en l'état actuel, toute plainte reçue par un Internaute sera une procédure abusive pouvant déboucher sur une plainte auprès des pouvoirs compétents. Si ces plaintes débouchent sur une procédure en justice, nul doute qu'au final toutes les plaintes émises par la méthode Hadopi (pour l'appeler ainsi) sera nulle et non advenues... » On imagine que sur une chaîne de TV, ce genre de propos aurait été puni par la guillotine. Au minimum.

Grève à la fake

Mais les experts sécurité d’Orange savent aussi jouer les fins limiers et démonter les stratagèmes de l’industrie du disque : « En attendant, quid des anciennes méthodes chères au médiatique Pascal Nègre ? L'ancienne méthode consiste à mettre sur le réseau un serveur partageant une donnée illégale et détecter tout ceux qui viendrait la prendre. Mais à ce niveau, nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. En d'autres termes, le procédé est illégal. De plus, par la magie des 'fakes' (fichier nommé comme ce qu'on pense télécharger mais qui contient en réalité autre chose, le plus souvent un film pornographique), le seul moyen de caractériser la preuve ici consistera à aller chez le téléchargeur et constater que la donnée est bien celle récupérée... Mais le simple fait de demander une enquête reposant sur une supposition peut être également une procédure abusive ». Paf.

On continue ? « Une autre approche plus intéressante consistera à se connecter sur un partageur (souvent le client P2P partage également ce qu'il a déjà pris, c'est la base du succès de cet principe), lister le contenu des fichiers à télécharger, puis prendre celui qu'on veut et, une fois qu'assez de données sont arrivées, reconstituer toute ou partie du fichier pour pouvoir enfin caractériser la preuve du délit, à savoir un contenu illégal. Une fois fait, plainte pourra être déposée afin qu'une perquisition soit effectuée et que constat soit fait de la présence d'autres données illégales. A ce jour, cette méthode est la seule qui soit valable car la Loi n'est à aucun moment transgressée par le plaignant, encore que l'internaute pourrait, en toute bonne foi, arguer qu'il pensait télécharger un contenu licite mais, qu'à cause des fakes, le nom légal a débouché sur un contenu illégal qu'il ne pouvait pas arrêter de télécharger avant que celui-ci ne soit complètement arrivé. Mais si la perquisition révèle une bibliothèque de MP3 sans les documents originaux, ça ne résistera pas comme argumentation ». Re-paf.

Ce texte un peu trop citronné a été labouré chez Orange. Désormais, la loi Hadopi n’est plus « du vent », n’est pas passée « à coup de bélier », le politique « a conscience des réalités techniques » et désormais, aucun « outils de P2P fonctionnent sur du port 443 en SSL ».