L'UMP propose 1 euro de dédommagement au groupe MGMT

MGTM moi non plus 189
La fameuse boulette de l'UMP concernant le groupe de rock américain MGMT commence à grossir et à se transformer en véritable affaire. En effet, en pleine période de projet de loi Création et Internet et de riposte graduée, tous les citoyens sont désormais pointilleux en matière de droits d'auteur. Voir le parti majoritaire à l'initiative de l'Hadopi ne pas montrer l'exemple fait donc tache d'huile.

Épisode 1 :

MGMTIsabelle Wekstein, avocate spécialisée dans les droits d'auteur, réclame dédommagement à l'UMP pour avoir utilisé sans autorisation un morceau de MGMT (Kids) lors de deux meetings, ces derniers étant qui plus est visibles sur Dailymotion et le site de l'UMP. « On voit que ceux qui préconisent la chasse aux internautes ne sont pas les plus respectueux du droit des artistes » a notamment ironisé l'avocate.

La réponse de l'intéressé, par la voix de Xavier Bertrand (directement visé, l'un des deux meetings étant le sien), n'a évidemment pas tardé. Rappelant que l'UMP était fort respectueux des droits d'auteur, Xavier Bertrand a indiqué qu' « il fallait prévoir des indemnisations. Ceci est totalement normal. La musique utilisée dans les meetings l'a été dans le cadre de la Sacem et donc en payant des droits à la Sacem. Nous sommes en train de regarder pour qu'il y ait une juste indemnisation du groupe. »

L'UMP, reconnaissant son erreur, allait donc régler définitivement ce léger problème. Fin de l'histoire. Et pourtant...

Épisode 2 :

L'avocate de MGMT relance la polémique en dénonçant une proposition de dédommagement de seulement 1 € symbolique de la part de Blue Advertainment, agence responsable de la communication de l'UMP créée par Christophe Lambert et... Luc Besson.

« Cette proposition est peu respectueuse du droit des auteurs et des artistes. Elle est méprisante » a ainsi protesté Isabelle Wekstein au micro de l'AFP. Cette offre datait cependant de plusieurs jours, avant l'éclatement de l'affaire.

Xavier Bertrand, toujours lui, a aussitôt réagi et ramené au calme l'avocate en affirmant hier sur RTL que son parti étant en discussion afin de trouver une somme représentant une juste indemnisation, mais « certainement pas un euro symbolique » s'est-il défendu. « Xavier Bertrand a parlé d'une juste indemnisation des auteurs et c'est toujours à l'ordre du jour » ont précisé des proches du secrétaire général de l'UMP.

Isabelle Wekstein a de plus rajouté que « la déclaration à la Sacem dont j'ai connaissance, d'un montant de 53 euros, ne concerne que le premier meeting et ne règle en aucun cas la question de l'autorisation d'exploitation nécessaire. Avant que le groupe n'intervienne, l'UMP avait déjà été mis en demeure fin janvier par le groupe Universal (le producteur de MGMT, NDLR), dans un courrier lui spécifiant qu'elle n'avait pas obtenu l'accord de MGMT, ni de son éditeur pour utiliser une de leurs oeuvres dans un meeting politique. »

Épisode 3 :

Enfin, comme le révèle Mind Overflow, Florence Soriano-Gafiuk, déléguée UMP du canton de Volmunster et membre du comité UMP de la 5ème circonscription de Sarralbe-Sarreguemines-Bitche, s'est illustrée sur le Web en publiant sur plusieurs sites un message pointant du doigt ceux qui dénonçaient toute cette histoire, confondant blogs et sites de journalistes (tels qu'Ecrans.fr).

« Je m'étonne beaucoup de l'étrange procès qui est fait ici à l'UMP... Est-il possible que des blogueurs chevronnés s'abandonnent de la sorte aux confusions les plus déplacées ? Aux raccourcis les plus saugrenus ?

Mettons les choses au point : cette affaire de fond musical n'est qu'un paravent, un prétexte confortable saisi par une avocate pour dilater ses honoraires et s'assurer une publicité à bon compte, sans parler du groupe lui-même, dont les leaders peinent cocassement à expliquer la substance précise de leurs clameurs indignées.

Au demeurant, la matière de cet épisode est dénuée de toute incertitude, de tout mystère ! Les principaux intéressés eux-mêmes indiquent que les pièces musicales diffusées par leurs services l'ont été après règlement de la taxe générique due à la Sacem, comme il est d'usage pour toute émission d'oeuvres sur sites publics. Pour leur part, les interprètes concernés et leur avocate, en refusant toute proposition d'arrangement amiable émanant de la partie adverse, démontrent leur intention claire d'instrumentaliser une affaire soigneusement montée en épingle afin d'en tirer avantage, en termes financiers notamment.

De la part d'individus qui se disent artistes, c'est là un comportement singulièrement prosaïque, frappé du sceau du mercantilisme le plus noir et le plus épais.
 »

Un épisode 4 ne devrait pas tarder à pointer son nez. On pari un euro ?