Filtrage des hotspots publics : colère noire contre liste blanche

Un régime à la chinoise de sites labellisés 292
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le vendredi 20 février 2009 à 12:06
La question de la liste blanche des sites accessibles depuis un hotspot public continue de provoquer du remous parmi les professionnels du secteur.

Hier, la Fédération France Wireless qui regroupe des acteurs associatifs et professionnels du Wi-Fi en France et dans les DOM-TOM, s’est vigoureusement opposée à la proposition de la ministre de la Culture Christine Albanel : afin de « sécuriser » les accès Wi-Fi publics, celle-ci préconise de constituer une liste blanche de sites qui seraient ainsi les seuls accessibles par les internautes en nomadisme.

 La FFW « s’interroge sur la neutralité d’une telle liste qui favoriserait l’accès à certains sites au détriment d’autres, tous ayant des contenus non répréhensibles, créant ainsi un internet filtré par l’État. Dans un pays actuellement en difficulté économique, le développement de nouvelles entreprises serait amputé de visibilité sur la toile par cette mesure. Internet étant un monde vivant en temps réel, il sera impossible de gérer en temps réel une telle liste privant ainsi les internautes d’un accès à l’information. Le fait d’imposer une telle liste porte atteinte à la liberté individuelle sur le choix de la consultation d’un site en particulier ».

Faute de mieux, l’acteur estime qu’il aurait été plus judicieux pour la ministre de constituer une liste noire, plutôt qu’une liste d’heureux élus...

"Le monde des Monthy Python"

hotspots wifi parisInterviewé récemment par Ecrans.fr, Benjamin Bayart tacle à son tour cette idée au micro de France Info.

Le président de French Data Network estime que c’est là la conséquence d’une idiotie, d’« une loi qui veut lutter contre le piratage, qui cherche à défendre les moines copistes de DVD contre le Gutenberg du numérique donc on est d’entrée de jeu dans l’absurde. À partir du moment où on a accepté qu’on était dans le monde des Monthy Python, on peut dire n’importe quoi ». Pour Bayart, « cela revient à dire que la presse gratuite embête la presse payante et donc la presse gratuite aura le droit de diffuser les messages du gouvernement ».

Toujours selon Benjamin Bayart, la seule solution est de rester sur le principe du droit d’auteur : « quand il y a commerce d’un contenu culturel, l’artiste est rémunéré sur ce commerce. C’est ça le fond, c’est de dire que le marchand de livres, il va bien falloir qu’il paye quelque chose à l’auteur. Quand ma petite sœur échange de la musique avec ses copines sur MSN, elle ne vend rien, elle n’achète rien donc elle donne le même pourcentage que tout le monde : 10% de zéro, et on est sur un modèle vachement sain ».