3G : une députée socialiste argumente contre le nouvel entrant

Screwed up attitude 272
Bouygues Télécom, SFR et Orange n'ont plus à s'en faire. Corinne Erhel, du groupe SRC (Socialiste radical citoyen), semble en effet proposer plus d'arguments encore que notre triumvirat préféré de la téléphonie mobile, à l'encontre de l'arrivée d'un 4e opérateur.

Selon Libération, Corinne Erhel :
  • Doute « des bienfaits d'une extension de la concurrence ».
  • Pense que « les trois opérateurs atteignent tout juste l'équilibre économique ».
  • S'inquiète « d'une course aux prix bas qui aurait des effets néfastes sur l'emploi » @ Martin Bouygues.
  • Trouve que les tarifs « semblent déjà bas » @ Frank Esser (patron de SFR).
Corinne Erhel SRC socialiste Mieux encore, lors d'une vidéo officiellement publiée sur Dailymotion par le groupe SRC, Corinne Erhel se pose des questions pour le moins troublantes :

« On peut se poser la question de savoir comment a été fixé ce prix [206 millions d'euros], et n'aurait-il pas été fixé en fonction de la capacité financière d'un opérateur spécifique, candidat. Et c'est ça qui nous inquiète. Et je pense que dans ces domaines là, il faut être totalement transparent. Nous avons collectivement, les parlementaires socialistes, protesté contre cet état de fait. Faire rentrer à 4e opérateur, à quelles conditions, et avec quelles garanties ? »

Si la question des conditions et des garanties tient du bon sens – au gouvernement et à l'ARCEP d'en décider – celle du prix du tiers de la licence est par contre plus surprenante. En effet, une licence complète (15 MHz) coûte normalement 619 millions d'euros. Seul un tiers (5 MHz) sera proposé exclusivement à un nouvel entrant. Un tiers de 619 millions revient à 206,33 millions...

Le gouvernement défavorise les trois gros ?

Mieux encore, pour Corinne Erhel, le nouvel entrant serait particulièrement avantagé par le gouvernement. De quoi retourner plus d'un spécialiste dans sa tombe :

« La concurrence, honnêtement, elle existe déjà avec 3 opérateurs. Alors c'est pas parfait, il y a sûrement des choses à améliorer, mais en tout état de cause, on ne peut que s'inquiéter du manque d'équité [NDRL : de la décision du gouvernement de proposer une telle offre à un nouvel entrant]. Et là-dessus, on a vraiment de gros points d'interrogation. »

Outre son avis « honnête » et semble-t-il sans aucune influence sur le marché de la téléphonie mobile, la députée se pose néanmoins certaines questions judicieuses : « Parce qu'on se demande : est-ce qu'il [NDRL : le nouvel entrant] aura les mêmes obligations que les autres en matière de couverture de téléphonie mobile, ça j'en suis point sûr, je pense plutôt que le nouvel entrant va se concentrer sur les zones denses et les zones rentables pour essayer de faire baisser les prix. Mais, il n'ira pas sur une couverture totale du territoire. » Pour Maxime Lombardini, le directeur général d'Iliad (Free), la réponse est évidemment positive. Mais il ne s'agit que d'une promesse...

Pour la députée socialiste, l'arrivée d'un nouvel opérateur, s'il propose des prix bas, déstabilisera l'économie, aux dépens des services et du personnel : « Ce 4e opérateur, par une politique de prix à la baisse très forte, ne risque-t-il pas de déstabiliser l'économie des autres opérateurs ? Quand on va dans une politique de low-cost, c'est-à-dire à la recherche du prix toujours le plus bas, immanquablement, pour arriver à baisser ses prix le plus bas possible, on compresse les coûts, et on risque d'avoir des compressions sur les frais de personnels, de gestion, de services après-vente des autres. »


Simple avis "contre-gouvernemental" ou... ?

FreeMobileAsso, association militant pour l'arrivée de Free dans le marché mobile, a rapidement réagi à de tels propos : « Que penser de cette prise de position, la gauche et le PS se doivent-ils toujours de dire non au gouvernement ? Ou bien est-ce réellement ce qu'ils pensent ? FreeMobileAsso a écrit à Corinne Erhel pour avoir des précisions. »

Aucune précision n'a pour l'instant été publiée.