Dailymotion : l'offre légale est la meilleure réponse au piratage

Et l'inverse ? 11
martin rogard dailymotion Vendredi, dans les Assises du piratage, Martin Rogard, directeur France de Dailymotion est revenu sur l’histoire de la signature des accords Olivennes, terreau du projet de loi Création et Internet qui sera présenté dans quelques semaines au Parlement : « Les accords Olivennes nous ont été présentés comme idylliques (…) Il ne faut pas complètement les encenser. Déjà sur la méthode : on a été prévenus 24h avant qu’il fallait signer un texte. La méthode de négociation – ça a été très bien décrit par le patron de Free – on n’avait pas le droit de garder les documents et donc de repartir avec eux. Il fallait en séance analyser ces documents et ensuite éventuellement les signer. La méthode – en tout cas nous concernant - ne nous a pas permis de participer aux débats. » Des accords que Dailymotion refusa de signer.

Sur l’efficacité de ces accords, même retenue : « Si on regarde les résultats aujourd’hui, je ne suis pas sûr qu’on puisse rattacher la fin des DRM aux accords Olivennes ». L’intéressé a surtout en tête la pression de l’environnement international : « La réaction des majors est liée à ces nouveaux modèles économiques. Il ne faut rester le nez dans le guidon et croire que sous prétexte qu’on a signé un bout de papier, les DRM sont terminés. Quant à la chronologie des médias, elle n’a toujours pas bougé. »

Sur le projet de loi Création et internet, Martin Rogard parle franchement : « Je ne le trouve pas super intéressant. (...) C’est une loi supplémentaire, nous elle ne nous impacte pas… ». Le patron de Dailymotion pense cependant qu’elle ne favorisera en rien les accords passés par la société. « Dans les autres pays, ce n’est pas l’État qui nous dit de faire des deals ». Le président de Dailymotion met en avant les chartes, les User Generated Content Principles, qu'il signe à tour de bras avec de grands détenteurs de contenus ou autour des droits d’auteur « c’est par la voie du contrat qu’on arrive à mettre en ligne des œuvres. Et la meilleure réponse à la piraterie c’est l’offre légale. (…) Je ne suis pas sûr que ce projet de loi favorise les accords, qu’on arrive déjà à signer »