iTunes : plus de DRM, mais l'adresse électronique en clair

Le joli fil d'Ariane 137
Tout récemment, une grande annonce a émané d’Apple : la fin des DRM. Attendue depuis longtemps, celle a été rendue possible par un compromis : la firme de Cupertino a accepté d’en finir avec la tarification unique à 0,99 dollars/euro. 80 % du catalogue d’iTunes peut désormais être acheté sans DRM, mais cela ne signifie pas pour autant que les problèmes de vie privée sont résolus.

Maintenant que la grande majorité de la musique d’iTunes n’est plus protégée, il reste à voir comment vont réagir les clients de la plateforme. Pour les nouveaux venus, la chose sera transparente, sauf bien sûr sur la musique « nouvelle » ou « très demandée », puisque la facture gonflera à 1,29 dollars/euro par titre. Pour les autres, qui ont déjà des fichiers verrouillés par des DRM, il est possible de les « libérer ».

itunes

Cela étant, l’opération a un coût. Et on se heurte d’ailleurs au premier problème engendré par le nouveau système : il n’est absolument pas possible de sélectionner les fichiers que l’on souhaite nettoyer de leurs DRM. Du coup l’opération se résume à « tout ou rien ». Or, quand l’utilisateur dispose déjà d’une large médiathèque, l’opération peut s’avérer rapidement très onéreuse : 20 centimes par titre, ou le quart de la valeur d’un album. Rendons toutefois justice à Apple, car une fois l’opération réalisée, les anciens titres sont remplacés par de nouvelles versions, dont la qualité est doublée (AAC 256 Kb/s au lieu de 128).

L’avantage direct d’une nouvelle médiathèque ou d’une ancienne mise à jour est que les fichiers AAC sont donc débarrassés de leurs DRM. La plus grosse conséquence est que tout appareil ou lecteur multimédia sachant lire ce format est capable de jouer la musique achetée sur iTunes. Les téléphones Walkman de Sony, la PlayStation 3, la Wii, la PSP, les Zen de Creative ou encore l’Archos 605 sont compatibles.

Pour autant, le fait que les DRM ne soient plus sur la grande majorité des titres ne signifie pas que les morceaux ne sont pas marqués « au fer rouge ». Quand Apple a lancé son offre « iTunes Plus », on avait déjà parlé à l’époque du départ des DRM, mais il se trouve que l’adresse électronique du compte Apple qui avait servi à payer l’achat était indiquée en clair dans le fichier. Est-ce toujours le cas ? Absolument.

itunes aac drm adresse email

Nous avons ainsi acheté un titre sur iTunes, plus précisément « This Is The Life » d’Amy MacDonald. Une fois sur le disque dur, nous avons ouvert le fichier .M4A à l’aide d’un éditeur hexadécimal pour inspecter les entrailles de la bête. Évidemment, impossible de comprendre ce qui se trouve sous cette forme, mais il ne faut pas chercher très loin : il suffit de faire une recherche sur l’adresse qui a servi pour créer le compte Apple, et on trouve ceci :

itunes aac drm adresse email

L’adresse électronique apparaît donc en clair dans le fichier. Cela signifie que, dans tous les cas, il vaut mieux faire attention à ce que vous faites de votre musique, car on pourra toujours remonter jusqu’à vous. Difficile de croire que ce soit un oubli d’Apple, mais il s’agit probablement davantage d’une demande des maisons de disque.

Le message est donc clair : utilisez la musique comme bon vous semble, mais ne l’utilisez que pour vous, et sur vos appareils. N’est-ce pas finalement ce que (presque) tout le monde souhaitait ?