Décision temporaire contre deux éditeurs de scarewares

Le salaire de la peur 57
Marc Rees
A la demande de la Federal Trade Commission, la justice américaine a suspendu les activités de plusieurs éditeurs de scarewares. Scareware ? ll s’agit de ces prétendus logiciels de sécurité qui se font passer comme tel aux yeux des consommateurs, alors qu’ils cachent en réalité de véritables arnaques.

A chaque fois le mode opératoire est identique : une publicité conduit l’utilisateur sur une fausse page de détection en ligne qui va simuler un scan de sa machine. Et sans surprise, les résultats afficheront quantité de logiciels à risque, spywares, virus, erreurs systèmes, etc. dans le disque dur afin de pousser le consommateur à l’achat de logiciels de sécurité – tout aussi efficaces que le scan initial. Evidemment, tout est faux, bidon, fallacieux. WinFixer, WinAntivirus, DriveCleaner, ErrorSafe, ou XP Antivirus sont quelques-unes de ces pourritures numériques...

scareware

Le 2 décembre dernier, la FTC a donc obtenu une ordonnance d’interdiction temporaire de la cour de district de Maryland à l’encontre de deux de ces acteurs de pacotille. Pour l’affaire en question, c’est Innovative Marketing, Inc. et ByteHosting Internet Services, LLC – qui ont été visés. Pour brouiller les pistes, ces sociétés ont opéré sous différents noms et des adresses postales dans plusieurs pays. Innovative Marketing, par exemple a des intérêts au Belize, mais également à Kiev en Ukraine…

Du coup, la justice frappe partout : ces sociétés se voient contraintes de stopper – temporairement – ces analyses et leurs résultats trompeurs. Elles ne peuvent plus davantage utiliser de noms de domaine avec des informations incomplètes ou fausses dans le WHOIS – une habitude pour ce genre d’activité. Les entreprises qui hébergent leurs sites vont être également tenues de prendre les mesures nécessaires pour éclairer les consommateurs de leurs sombres activités.

La décision obtenue en justice n’est pas encore définitive et il faudra attendre maintenant un jugement au fond. Si la législation locale semble musclée, les Etats-Unis sont souvent classés comme l’un des principaux relais du spam selon le Sophos Labs.