Antitrust : Intel passe en mode offensif contre Bruxelles

Et bientôt : AMD attaqué pour abus de position dominante ! 32
Intel, en bisbille avec Bruxelles depuis de nombreuses années suite à diverses plaintes d'AMD, a décidé de passer la vitesse supérieure en portant plainte contre la Commission européenne. Raison principalement invoquée ? Les dernières décisions de la Commission contiennent des erreurs.

Concurrence Intel pour les nuls Alors qu'un procès gigantesque – plus de 200 millions de documents à éplucher – pourrait bien avoir lieu l'année prochaine entre Intel et AMD outre-Atlantique, le créateur du Pentium n'a que peu apprécié les attaques de la Commission européenne en juillet dernier. Cette dernière a en effet rajouté de nouvelles accusations contre Intel. Là encore, divers abus de position dominante sont pointés du doigt par l'Europe.

Suite à cet entêtement européen, Intel a donc décidé de porter plainte, et a réclamé l'annulation des dernières décisions de la Commission, le paiement de ses frais de justice, ainsi que la prolongation de 30 jours du délai fixé par l'Europe afin de lui fournir certains documents importants.

Pour rappel, Intel est principalement critiqué des deux côtés de l'Antlantique sur trois points :
  • avoir réduit ses prix auprès de ses partenaires européens en échange d'une exclusivité ou quasi-exclusivité ;
  • avoir rémunéré des fabricants dans le but de retarder, voire annuler, des produits AMD ;
  • avoir fait preuve de dumping (prix cassés inférieurs aux coûts de production) afin de s'octroyer certains appels d'offres de serveurs.
Or depuis le début de l'année 2007, les évènements en défaveur d'Intel se succèdent en Europe : tout commence le 6 mars 2007, lorsqu'AMD accuse Intel de destruction de preuves, alors que nous sommes en pleine affaire antitrust. Le 27 juillet 2007, tout s'accélère : la Commission européenne officialise son accusation sur Intel de pratiques anticoncurrentielles. Le 13 février 2008, la Commission réalise plusieurs perquisitions en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. Enfin, le 11 mars 2008, Intel tente de s'expliquer devant la Commission européenne. La suite, vous la connaissez, avec en juillet dernier une énième attaque de la Commission, et aujourd'hui, la réplique d'Intel.

D'après l'AFP, la CCIA, une association américaine représentant l'industrie informatique et de la communication, explique que la plainte d'Intel « est une tactique qui a déjà été éprouvée par d'autres groupes, lorsqu'ils se rendaient compte qu'ils n'étaient pas en mesure de défendre le bien-fondé de leurs mauvais comportements. (...) La crédibilité de la Commission européenne est forte, et comme le montre l'histoire, cette dernière a toujours défendu l'équilibre en matière de concurrence dans ses procédures en justice. (...) Si Intel est vraiment certain d'avoir eu une conduite appropriée et que l'investigation est inappropriée, nous les pressons de demander à ce que les éléments du dossier (...) soient rendus publics. »

Selon le Financial Times, Intel affirme que Bruxelles n'a pas réussi à se procurer de documents pertinents prouvant ses allégations. L'enquête de la Commission européenne serait de surcroît jugée par Intel comme partiale et discriminatoire...