La téléphonie sur IP (VoIP) rentre dans les mœurs des Français

Une question de pouvoir d'achat... 53
Appeler via une ligne VoIP deviendra très bientôt en France un acte aussi banal qu'utiliser un téléphone portable. En croissance très forte de 43,9 % sur un an, les abonnés à la téléphonie utilisant la voix sur IP sont désormais 12,516 millions dans l'Hexagone, dont 6,822 millions de façon exclusive, c'est-à-dire sans disposer de ligne France Télécom (ou ses concurrents RTC).

Si les lignes classiques représentent toujours une large majorité, à savoir 27,459 millions d'abonnements, ces dernières sont cependant en chute libre, régressant sur un an de 9 %, soit un peu moins de 3 millions de lignes.

France Q2 2008 telephonie VoIP ARCEP
Une évolution frappante (malgré les arrondis et les erreurs de calcul)

Depuis deux ans, l'évolution est ainsi très nette, la France passant de 88 % de lignes classiques et 3 % de lignes exclusivement VoIP, à, aujourd'hui, 64 % de lignes classiques, et 21 % de lignes exclusivement VoIP. À ce rythme, la barre des 50 % de lignes VoIP (exclusives ou non) pourrait bien être atteinte d'ici un à deux ans.

Bien évidemment, du fait des tarifs préférentiels de la VoIP en national et international, les appels vers ces derniers sont bien supérieurs à ceux vers les mobiles, avec 9,5 milliards de minutes d'appels nationaux fixes au deuxième trimestre 2008, contre 1,2 milliard de minutes d'appels internationaux et seulement 533 millions d'appels vers les mobiles (fixes ou étrangers). Sachant que de nombreux FAI proposent gratuitement l'appel vers les mobiles du Canada et des États-Unis.

« La place de la téléphonie IP est ainsi particulièrement perceptible s'agissant des communications internationales où la proportion de trafic IP atteint 63% au deuxième trimestre 2008 » note l'ARCEP. « Une part conséquente des communications nationales vers les postes fixes (44%) est également désormais émise en IP, tandis que seulement 18% des minutes des communications fixes vers mobiles sont émises en IP. »

Notons enfin que le nombre de lignes dégroupées ne cesse de croître, avec 5,863 millions lors du deuxième trimestre 2008 (+26,3 %), dont 74 % sont totalement dégroupées, soit 4,34 millions (+48,3 %) et 26 % partiellement dégroupées, soit 1,523 million de lignes (-11,2 %). L'ADSL nu représente quant à lui d'ores et déjà 1,1 million de lignes, contre 600 000 il y a un an et 0 deux ans auparavant.

Arcep degroupage total partiel adsl nu Q2 2008