Confirmation : la fin des DRM bloquants chez Universal Music

Hasard du calendrier ? 46
pascal negre loi hadopi riposte graduée DRMLa plus grosse maison de disque, Universal Music, a décidé d’anticiper les accords de l’Élysée à sa façon. Dès le 7 novembre, la major va supprimer toutes les DRM ou plus exactement les « mesures techniques de protections bloquantes ».

Dans les accords dits Olivennes, les ayants droit avaient promis de « rendre disponible, dans un délai maximal d’un an à compter du fonctionnement effectif du mécanisme d’avertissement et de sanction, les catalogues de productions musicales françaises pour l’achat au titre en ligne sans mesures techniques de protection, tant que celles-ci ne permettent pas l’interopérabilité et dans le respect des droits et exclusivités reconnus ». Universal aurait pu attendre une année après le vote de la loi, mais elle a préféré anticiper la mesure à quelques heures du début des discussions au Sénat...

Un choix stratégique mais pas universel

La décision a été annoncée hier soir par le Figaro, mais nous la révélions dès le 22 octobre. D'après nos sources, concordantes avec celles de la Tribune, les ayants droit avaient souhaité accélérer le processus de levée des DRM sur le catalogue des titres français. Selon nos informations, l'annonce devait bien être faite un jour avant l’ouverture du débat parlementaire, soit ce 28 octobre. Des dissensions entre les producteurs ont toutefois empêché un accord global sur ces questions.

Reste que la démarche d’Universal Music est stratégique et permettra à Christine Albanel de tacler un peu plus les critiques sur la pauvreté de l’offre légale dans le dispositif  Création et Internet. Des critiques qui ont été émises par plusieurs sénateurs de la commission des affaires Culturelles et de celle des affaires économiques.

Choisir entre le payant et le risqué

« Dans le cadre des accords Olivennes, les producteurs se sont engagés à supprimer les verrous. Universal a décidé de prendre les devants. Nous allons mener plusieurs expérimentations d’ici à la fin de l’année pour tester l’impact d’une telle mesure et voir si l’absence de verrous fait grimper le nombre de téléchargements » explique Pascal Nègre. « Si le consommateur, sensibilisé par la loi, arrête de pirater, nous n’aurons plus besoin de protéger nos oeuvres. Le choix ne se fera plus entre le payant et le gratuit mais entre le payant et le risqué. »

Cette bouée sera-t-elle suffisante ? Voilà bien longtemps que les DRM sont peu à peu abandonnés dans les offres commerciales, les consommateurs n’ayant jamais cru à leurs effets vertueux. Abandonner ce qui l’est déjà risque de passer comme une manœuvre davantage qu’un effort concret pour blinder le volet de l’offre. De plus, les critiques essentielles se concentrent sur le cinéma.

Selon le Figaro, Universal va lancer bientôt une offre de téléchargement illimité sur mobile avec SFR, autre filiale de Vivendi. Les titres, en fait une sélection, pourront être copiés sans compter.

La décision d’Universal vise les DRM qui ne sont pas bloquantes, et donc pas nécessairement toutes les DRM. Il faudra attendre quelques jours pour mesurer la réalité de cette nuance.