Apple et Psystar : un règlement à l'amiable imposé par le juge

Psystar peut sortir ses arguments, Apple ses dollars 125
openmacLa grande aventure entre Psystar et Apple continue. Rappelons que les deux sociétés sont en guerre, puisque Psystar a « osé » vendre des PC traditionnels avec Mac OS X. or, la licence du système d’exploitation d’Apple implique qu’il ne peut être installé ailleurs que sur un Mac.

Mais alors, pourquoi vendre Mac OS X avec des PC ? Tout simplement parce la chose est tout à fait réalisable sur le plan technique. Il n’existe pas de limitation proprement dite rattachée au matériel autre que la liste justement des pièces qui sont supportées par Mac OS X via des pilotes. Mais Apple se présente comme un constructeur matériel, et Mac OS X n’est que l’accompagnement des machines.

Pour Psystar, Mac OS X ne doit plus être exclusif aux Mac

Cela étant, la situation a largement évolué. Mac OS X, version après version, a mûri et a fini par représenter un attrait à lui tout seul. Du coup, l’une des raisons principales à l’achat d’un Mac devient le système d’exploitation, d’autant plus que la partie matérielle est équivalente à celle d’un PC depuis le passage aux processeurs Intel. Et c’est bien ce constat qu’a fait Psystar, voulant jouer la carte de la configuration matérielle d’entrée de gamme couplée à Mac OS X.

Pour Apple, pas question de laisser une autre entreprise commercialiser son propre système d’exploitation, la licence l’interdit. Plainte avait donc été déposée, à laquelle Psystar avait répliqué avec une autre plainte pour monopole, et ainsi de suite jusqu’à parvenir à un véritable sac de nœuds. Et tant qu’à faire, Psystar s’est payé les services de Carr & Ferrell, un cabinet d’avocats qui avait déjà remporté plusieurs procès contre Apple, notamment dans le procès contre la société Burst.

Le juge impose un règlement à l'amiable

Le juge en charge de l’affaire a proposé une Alternative Dispute Resolution (ADR). Il s’agit d’un règlement à l’amiable dans lequel le juge décide et impose une solution. En conséquence, l’affaire ne se déroule plus dans un tribunal, mais à huis clos. Il va falloir plusieurs mois pour que les deux partis s’expliquent et fassent valoir leurs arguments, mais les débats seront privés.

À partir de maintenant, les possibilités sont nombreuses. Il est évident pour Apple que Psystar ne peut pas l’emporter, car cette conclusion créerait un précédent qui inciterait d’autres sociétés à tenter l’aventure. Plus généralement, une telle fin pourrait conduire par effet domino à une obligation pour Apple de changer la licence de Mac OS X, ce qui n’apporterait à Cupertino que des ennuis à cause de l’incapacité de Mac OS X à prendre en charge le parc PC dans son ensemble (il ne supporte que la liste des matériels présents dans les Mac).

Il existe bien entendu une fin plus probable : la négociation par Apple d’un arrêt ou tout du moins un changement des activités de Psystar contre une importante somme d’argent. Bien entendu, la société Psystar n’a jamais été créée dans cette optique.