Orange France s'explique à nouveau sur le bridage de la 3G+

« On n’est pas là pour obtenir des articles demain matin », nous avait prévenus hier soir Orange, « on veut échanger avec vous sur l’épisode ces dernières semaines autour de l’iPhone 3G ». Voilà comment a été introduite cette rencontre un peu hors-norme organisée hier en fin de journée au siège de l’opérateur et à laquelle PC INpact était convié avec MacBidouille, iPhon.fr et FrenchiPhone.

Un embrasement surprenant

Orange iphone rupture débit 3G stockOrange nous a d’abord expliqué avoir été surpris de l’embrasement sur le Web né de la découverte de ces seuils imposés artificiellement sur les débits (348 kb/s) généralisés sur tous les smartphones, dont l’iPhone 3G. Jean Marie Culpin, de la direction Mobile d’Orange, nous a souligné avec Valérie Dussac, de la direction technique, une nouvelle fois qu’Orange avait en effet bien constaté « des comportements sur l’iPhone, qui n’avaient pas été remarqués sur les autres smartphones ».

« C’est la première fois qu’on avait un sujet sur la question du débit depuis qu’on a lancé le GPRS sur le grand public ». Et l’opérateur de nous dérouler le triptyque « à usage spécifique, réclamation spécifique, demande spécifique ». Et donc, réponse spécifique qui à conduit Orange à abattre voilà peu le seuil, du moins pour le couple forfait iPhone. « On a un débit moyen consommé mensuel intermédiaire entre les smartphones et les PC. Avec des usages nouveaux, des modes de consommations nouveaux, etc. On essaye de s’adapter au mieux ».

« On ne sait pas garantir les débits minimums »

Si Orange a pu être étonné de l’embrasement du Web sur ces questions, et des usages constatés chez les utilisateurs d’iPhone, un autre acteur a pu lui aussi être surpris ; c’est le consommateur à qui on promettait une Ferrari au compteur plutôt éloigné des seuils mis en place par Orange. Une situation mise un peu plus à vif par la lecture du Code de la consommation qui impose, en outre, dans chaque contrat de services de communications électroniques, que soit portée la mention sur le niveau de qualité minimum garanti pour chacune des caractéristiques techniques essentielles, telles que le débit.

iPhone 3G Apple « On l’a pas percuté comme cela ! On l’a conçu autrement. On était câblé "usage". On n’a pas pensé à cela, sans se câbler sur les débits », nous répète la direction avant de réagir à ces contraintes du code de la consommation, qui deviendrait lettre morte : « Aujourd’hui, on ne sait pas garantir les débits minimums. On travaille sur des débits crêtés et on essaye d’aller au mieux pour l’utilisation de ces débits par rapport à l’usage. Honnêtement, croyez-nous, on n’a pas pensé à ce point là ».

Orange nous a alors expliqué essayer d’optimiser l’ensemble des ressources, la rareté étant le spectre. « Nous n’étions pas dans l’optique de favoriser, par exemple, les utilisateurs de PC portables », jure encore l’opérateur. « Pour chacun de ces usages, on s’adapte, on adapte le spectre, on optimise son allocation. Pour optimiser toutes ces ressources pour offrir à chacun des utilisateurs une expérience qui soit la meilleure possible, on doit optimiser le spectre. À cette fin, on utilise des mécanismes de régulation prévus dans la norme. Après, on doit réguler au bon niveau. »

Régulation et étranglements

Et cette régulation nous est expliquée : « on créé des offres en fonction des usages que permettent les terminaux, ensuite, on place le seuil de régulation. Ce seuil est détecté dans le réseau. Quand on prend une offre en service client ou en agence, la prise de commande parcourt notre système d’information et arrive in fine dans un équipement réseau. Lors de la connexion, cet équipement est interrogé et reconnait depuis la carte SIM le profil auquel le client a droit. »

Orange Logo Sur les questions de régulation technique, Orange poursuit : « aujourd’hui, en HSDPA, les mécanismes d’allocation de ressources ne sont pas totalement déployés dans les équipements. Au départ, vous avez une limitation du téléphone (capacité, normes). Ensuite, au niveau du réseau d’accès (la station de base radio, avec un spectre radio partagé, et réallocation de bande), puis des éléments de transmission (faisceau hertzien, etc., la partie transmission), et au niveau « core network, des éléments qui permettent de gérer des réseaux cœurs. »

« En 3G, on est sur un type CDMA, et non TDMA, des vecteurs orthogonaux où tout le monde émet en même temps. Un des impacts est que la cellule "respire", elle devient plus petite. C’est un effet de ce codage de la norme 3G. En plus de la saturation, l’endroit où on arrive à y accéder est moins loin. (…) C’est une question de répartition de l’énergie de la cellule. Une cellule qui pouvait porter à 2 km, en étant chargée elle ne peut plus que porter à 1,5 km. »

Gestion plus fine à l'avenir ?

La norme prévoit de gérer ces phénomènes de respiration cellulaire et de réallocation de ressources. À l’avenir, dans les futures versions de cette norme, les classes de services permettront de préserver des parties sur le spectre pour tel type d’usage : streaming, téléchargement, etc. on pourra allouer de la ressource en fonction des exigences. Et il sera donc possible d'affiner le couple besoin/débit.

Toutefois, expliquer aux consommateurs qu’à chaque étage, on peut avoir des goulots d’étranglement, des aléas qui peuvent frustrer les usages, est une chose, surtout face à un marché de 180 000 iPhone (dernier chiffre qui nous a été donné hier soir). Mais entre ces contraintes et le bridage volontaire de tous les appareils 3G+, la différence reste importante : les uns subissent une frustration et parlent de tromperie, de débats juridiques, quand en face on parle d’usages et d’adaptation aux faits et aux besoins. Un discours qui tourne en boucle.

« Est-ce qu’il y a des usages qu’on a loupés ? »

Nokia N96Dans des tests réalisés face à nous, sur la table de la salle de réunion, Orange tenait à nous montrer qu’il n’y avait finalement que peu de différence entre les débits d’une 3G bridée et d'une 3G débridée. Manière d’éteindre les débats brulants sur le Web… « On n’est pas dans un rapport de force, mais dans une écoute d’usage », insiste toujours l’opérateur. Une question alors : s’il n’y a aucune différence, pourquoi brider ? S’il n’y a aucune différence, pourquoi avoir débridé ? « Quelqu’un qui utiliserait excessivement de la bande passante, si on lui ouvre tout le débit, en fait, il va monopoliser tout le débit »…

« Est-ce qu’il y a des usages qu’on a loupés ? Faut-il qu’on revoie notre copie ? », s’inquiète par ailleurs Orange, quand, en face, nous soulignons encore la frustration  présente ou passée des clients qui s’attendaient à profiter de ce qui avait été annoncé (la possibilité d’aller jusqu’à de la vraie 3G+).

La question de l’éventuelle réparation des actuels abonnés a rapidement été éludée dans ce contexte. Si certains clients qui s’étaient plaints à coup de lettre recommandée, demande de résiliation, etc. se sont vus proposer un dédommagement ce n’était qu’un « geste commercial », rien de plus. « Contractuellement aujourd’hui et nativement dans un réseau de datas mobiles, on n’est pas dans une garantie de débit minimum ».

« On veut servir tous les utilisateurs dans leur usage courant et qu’ils soient satisfaits de leur expérience. Qu’on nous dise une expérience où on a loupé le coche et on va bosser ! » La parole est aux lecteurs.

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