Le créateur d'un site d'information libre ingouche assassiné

La liberté de la presse en deuil 66
RSF liberté presseIl était l'un des membres créateurs du site d'information ingouche : Magomed Yevloyev est mort hier, dimanche 31 août, « alors qu’il se trouvait entre les mains d’agents du ministère de l’Intérieur », rapporte Reporters sans frontières. Arrêté à sa descente de l'avion, dans lequel se trouvait Murat Zyazikov, le président de la République d'Ingouchie, Magomed fut blessé d'une balle dans la tête et périt durant l'opération qui tentait de le sauver.

Pour RSF, le journaliste avait affirmé par le passé « son courage et sa détermination » fournissant des « informations indépendantes », en dépit des pressions et menaces pesant sur lui et sa famille. « Sa mort ne doit pas rester impunie. Il est indispensable que la communauté internationale, et notamment l’Union européenne, exige de savoir ce qui s’est réellement passé et qui est responsable de la mort du journaliste. Les explications des autorités ingouches ne tiennent pas debout », estime l'organisation.

Officiellement, le ministre de l'Intérieur parle d'un accident, survenu alors que le journaliste se montrait réticent à se laisser arrêter. Mais un membre de l'opposition, Magomed Hazbiev atteste qu'on a délibérément tiré sur lui, dans la voiture qui les transportait. Depuis octobre 2007, Yevloyev avait annoncé que le président attenterait à sa vie, et que des menaces furent formulées contre sa famille. La rédactrice en chef, Rosa Malsagova, avait d'ailleurs quitté le pays, redoutant pour sa vie.

Depuis le 26 mai, Ingushetiya.ru est fermé, la justice russe ayant considéré que des articles « extrémistes » avaient paru. Après des campagnes de diffamation, les autorités avaient mis au point un site à l'adresse très similaire, chargé de détourner l'attention des internautes. Unique portail d'information en ingouche, le site a appelé « tous ceux qui ne sont pas indifférents » à ce qui pourrait être un assassinat à un rassemblement.

Moscou affirme de son côté avoir ouvert une enquête liminaire.