Grève et manifestation à Centrapel, la hotline de Free

Sous les Freebox, la plage 105

Centrapel, société gérant principalement les appels d'une partie des Freenautes, est célèbre pour être l'un des rares centres d'appels de FAI à encore exister en France, alors que tant d'autres ont délocalisé une grande partie voire la totalité de leurs téléconseillers, pour des salaires bien évidemment moindres.

Europe MIT hotline IEIT eurodéputés dessinOr, si les conditions de travail n'ont jamais été exceptionnelles comme dans toute hotline, il semble qu'elles aient atteint un niveau encore jamais vu, poussant une partie des salariés de Centrapel à faire grève et à manifester hier, mardi 24 juin. Une première.

Initiée par FO, rapidement suivie par la CGT et Solidaires (SUD), cette grève aurait concerné 3,7 % des employés selon Univers Freebox, et 30 % selon l'AFP (voire 35 voire 40 % selon SUD). Un écart troublant, laissant penser que la vérité devait se trouver ailleurs, ou tout du moins entre les deux.

Contacté, SUD, qui n'est pas (encore ?) représentatif à Centrapel mais qui suit malgré tout de très près cette affaire, nous a confié que si la grève avait bel et bien concerné une quarantaine de personnes (vingt-cinq selon Free), alors que la société compte 800 employés, il faut cependant prendre en compte que l'effectif complet n'est pas présent 24h/24. Outre les absences inhérentes à chaque société (vacances, maladies, etc.), Centrapel dispose aussi de plusieurs équipes afin de pouvoir répondre à toute heure aux abonnés de Free.

Ainsi, si le pourcentage de grévistes reste encore à déterminer précisément, Centrapel a quoi qu'il en soit subi hier sa toute première grève (jusqu'à 15h30), et par corollaire sa toute première manifestation au 8 rue de la Ville L'Evêque (Paris VIIIème), avec des slogans comme « Hotliner en colère, Centrapel c'est la galère » ou encore « Quantité, qualité, il va falloir négocier ».

Les motifs de cette grève sont multiples d'après SUD :

  • des négociations salariales au point mort
  • une délocalisation croissante d'une partie des activités à Casablanca (Maroc)
  • un système de calculs de primes de plus en plus opaque
  • la prime de congé payé de 2007 toujours pas reversée dans son intégralité
  • attribution d'un 13ème mois
  • de véritables pauses déjeuner (SUD parle de pauses de seulement 10mn)

Autre information, Centrapel aurait appelé un huissier de justice afin de noter « les noms des salariés grévistes à l'aide d'un membre des RH » apprend-on via un tract de SUD qui sera imprimé demain. « Cet huissier s'est transformé en caméraman et en photographe », ce qui pourrait poser un problème de droit à l'image.

Une nouvelle, qui, si elle est confirmée, montre que le dialogue entre les salariés et la direction est au beau fixe.

Enfin, SUD nous a confirmé que les grévistes n'ont pas empêché leurs collègues de travailler. Aucune reconduction de la grève n'est prévue pour l'instant.