Windows 7 entre les mains de la justice américaine

Sans doute une histoire de pouvoir et de responsabilités 57
Windows SevenWindows 7 est le nom de code de la prochaine version du système d’exploitation de Microsoft. Pour autant que l’on sache, à l’heure, en dépit de très fortes rumeurs, il s’agit pratiquement de l’une des seules informations vérifiées sur ce sujet. Du mystère autour de Windows 7 ? C’est peu de le dire : Steven Sinofski, qui dirige l’ingénierie logicielle des systèmes d’exploitation chez Microsoft, a fait tomber une chape de plomb sur le monde des médias.

On sait qu’un kit de développement sera intégré pour gérer nativement le multitouch et ainsi offrir aux développeurs des possibilités intrinsèques. On peut donc imaginer que Windows 7 sera utilisé pour différents types d’appareils, avec à la clé des interfaces tactiles entièrement personnalisées. On sait en outre que le noyau ne sera pas très différent de celui de Vista, mais qu’il sera au centre d’un système de base repensé pour constituer un nouveau point d’appui pour le reste du système. Après tout, le problème de Windows n’a jamais vraiment été son noyau (du moins sur la série des NT), mais plutôt la montagne d’éléments qui l’entoure.

Le DOJ rempile pour deux ans de surveillance

Tous ceux qui observent nagent en eaux troubles, mais Microsoft a dû récemment modifier sa vision des choses également. La quasi-totalité des nouveautés de Windows 7 reste à découvrir, mais certaines personnes en dehors de la firme auront un angle de vue particulièrement avantageux pour découvrir les entrailles de la bête avant tout le monde. Il s’agit ni plus ni moins que du DOJ américain (Department Of Justice).

En avril, la juge Colleen Kollar-Kotelly, qui avait imposé la surveillance de Microsoft depuis 2001, devait la stopper, mais un petit changement est intervenu. On se souvient que plusieurs états fédérés américains avaient demandé que cette surveillance soit prolongée, mais la juge secouait la tête. Jusqu’à ce que Google et d’autres sociétés se joignent à la demande. La juge a changé d’avis, offrant aux concurrences de Microsoft une nouvelle surveillance supplémentaire de deux ans.

De quoi largement surveiller Windows 7

Cette nouvelle période peut paraître courte, mais il est amusant de constater qu’elle suffira largement concernant Windows 7. La date de sortie du système n’est pas connue, Microsoft parlant parfois de début 2010, alors que Steve Ballmer évoque parfois la fin 2009. Disons un an et demi, pour arranger tout le monde, avec la volonté sans doute de Microsoft de profiter de la période des fêtes de fin d’année. Dans tous les cas, la surveillance de deux ans couvrira tout le développement de Windows 7, et Microsoft ne l’avait absolument pas prévue.

Un Comité technique a été formé il y a déjà plusieurs années pour surveiller Microsoft. C’est ce même Comité qui a fait changer de route Microsoft pour que les décisions prises sur Vista tiennent compte du jugement de 2001. La mission est toujours la même : il faut vérifier que Microsoft continue bien à appliquer les mêmes règles dans Windows 7. Or, l’éditeur ne s’est pas privé d’affirmer à plusieurs reprises, par exemple, qu’un rapprochement aurait lieu entre Windows 7 et les services Live. L’intrusion du Comité du DOJ dans ses affaires risque de calmer certaines ardeurs.

Le travail du Comité technique

Quatre catégories de logiciels sont systématiquement testées par les membres du Comité :
  • Les clients de courriers électroniques (type Thunderbird)
  • Les clients de messagerie instantanée (type Yahoo Messenger)
  • Les navigateurs web (type Firefox ou Opera)
  • Les lecteurs multimédias (type Winamp, VLC ou encore MPC)
En dehors de MSN Messenger, la décision de 2001 a impacté trois des quatre catégories dans lesquelles Microsoft avait des produits. Plutôt que d’avancer à pas mesurés, Microsoft n’a plus avancé du tout, et Internet Explorer et Outlook Express sont deux très bons exemples. Et aujourd’hui qu’Internet Explorer 8 est en chantier, la firme doit également faire attention.

Microsoft ne pourra sans doute jamais réaliser ses produits exactement comme il le voudrait. L’éditeur est bloqué dans certains de ses choix par la pression de la concurrence et de la justice, et les procès en Europe l’ont clairement prouvé. Après tout, posséder un monopole dans certains domaines ne peut pas fournir que des avantages.