YouTube et Slide bloqués par la justice Turque, RSF dénonce

Censure pour sûr 38
Reporters sans frontières rapporte que le site de partage de vidéos, Youtube, reste bloqué en Turquie depuis le 5 mai dernier, tout comme le site de partage de photos, Slide, inaccessible dans le pays.

« YouTube n’est pas le seul site participatif bloqué dans le pays. Ces décisions prises par les autorités pour contrôler Internet constituent des atteintes graves à la liberté d’expression et d’information. Les internautes turcs ne peuvent plus partager leurs vidéos avec le monde extérieur, ni même les consulter. Nous réitérons notre appel aux autorités à faire preuve de discernement en demandant à YouTube de retirer seulement les vidéos incriminées. Le blocage du site dans sa totalité est inacceptable » dénonce RSF.

CensureL'organisation explique que les trois décisions du tribunal de police d'Ankara à l'encontre de YouTube, le 24 avril, le 30 avril et le 5 mai, n'apportent aucune raison précise au blocage de YouTube. De son côté, ce dernier affirme avoir fait toutes les démarches pour que les vidéos à l'origine de ces décisions soient retirées, sans résultat sur la censure du site qui persiste en Turquie.

Et YouTube n'est pas l'unique site de partage bloqué dans le pays. Le site d'échange de photos Slide est aussi concerné, bloqué du Net turc depuis une décision du tribunal de Civril, qui considérait certains contenus du site comme « insultants envers Atatürk ». De même, le site Google Groups n'est plus accessible en Turquie depuis le 10 avril, après le dépôt d'une plainte pour diffamation déposée par le dirigeant religieux Adnan Oktar.

Depuis novembre 2007, une nouvelle loi turque permet la plus grande sévérité en termes de censure pour tous les types de publications. Si les médias locaux se sont vite pliés à la règle, la liberté de ton des internautes fait du Net une cible de choix pour la censure turque.

En vertu de cette loi, tout procureur turc peut imposer dans un délai de 24 heures l'interdiction d'un site dès lors que son contenu est susceptible d'inciter au suicide, à la pédophilie, à l’usage de stupéfiant, à l’obscénité, à la prostitution et de contredire la loi d’Atatürk. Si les premiers motifs sont évidemment légitimes, le dernier est déjà bien plus permissif pour les tentations de censure.