Safari, invité de trop dans les mises à jour Apple sous Windows

Acteurs différents, mais la pièce est identique 250
Apple édite un grand nombre d’applications, mais quelques-unes seulement sont portées vers la plateforme Windows. On retrouve ainsi :
  • iTunes
  • QuickTime
  • Safari
On comprend aisément le choix du premier logiciel car il aurait été absurde pour la firme de se priver des utilisateurs de Windows pour sa boutique de musique en ligne. Depuis quelque temps déjà, un composant spécifique est livré avec les logiciels pour Windows afin de proposer le même système de mises à jour que sous Mac OS X.

safari appleUn outil pratique, mais un canal de distribution tentant

L’Apple Software Update sert donc à concentrer les installations d’applications et de leurs nouvelles versions. Concrètement, seront proposées à l’utilisateur tous les logiciels disponibles, ainsi que les nouvelles moutures de ceux qui sont déjà installés. Or, si jusqu’à présent le module de mise à jour se contentait d’iTunes et de QuickTime, il propose désormais Safari.

Cette proposition automatique du navigateur d’Apple, avec une case cochée par défaut, provoque de nombreuses réactions. Même parmi les utilisateurs de Mac, on s’interroge beaucoup sur le bien-fondé de cette action que certains jugent déloyale. C’est le cas notamment du nouveau PDG de Mozilla, John Lilly, qui s'est fendu d'un billet sur son blog à ce sujet.

Le PDG de Mozilla s'inquiète

Il est pour lui très mauvais qu’Apple se permettre de suggérer de cette manière l’installation de son navigateur : « Ce qu’Apple fait maintenant avec son Apple Software Update sous Windows est mauvais. Cela sape la relation de confiance que les grandes entreprises ont avec leurs clients, et c’est mal non seulement pour Apple, mais également pour la sécurité du Web entier. »

firefoxL’action de cocher par défaut l’installation d’un logiciel (alors que le module devrait servir essentiellement aux mises à jour) est sérieusement condamnée par le patron de Mozilla. Pour Lilly, le maintien à jour des applications est un processus absolument critique qui représente déjà un sérieux défi en soi. Chaque éditeur propose ses solutions, mais le PDG estime qu’Apple corrompt actuellement la relation entre l’entreprise et le client en intégrant des installations de logiciels dans son propre système de mises à jour.

Une problématique déjà vieille

Un utilisateur qui ne se méfie pas installera par défaut l’intégralité des éléments dont les cases sont cochées. À dire vrai, il est clair qu’un utilisateur de Windows, Linux et ou Mac OS X installe le plus souvent les mises à jour de son système qui lui sont recommandées : une fenêtre d’avertissement, une liste de correctifs ou de nouvelles versions, des cases cochées par défaut, puis l’installation proprement dite. Le problème est qu’Apple se sert ici de la même méthode, mais sous couvert de rendre service et/ou d’installer une mise à jour d’iTunes par exemple, c’est un autre navigateur qui fait son apparition.

Et on connaît déjà la rapidité à laquelle le bureau d’un utilisateur lambda peut se voir envahi par des applications dont il n’a pas le moindre besoin. Un très grand nombre d’éditeurs choisit cette solution qui finit par tant agacer les utilisateurs : comme si l’installation d’une application représentait le but ultime de l’utilisation d’un ordinateur. Et c’est ainsi que l’on retrouve des dizaines de raccourcis, des barres de recherches à la pelle, des modifications des paramètres comme la page d’accueil du navigateur, un lien automatique avec des extensions de fichiers, des modules et agents résidents en mémoire, de multiples icônes dans la zone de notification, et ainsi de suite jusqu’à saturation parfois de la machine.

safariUne concurrence déloyale ?

John Lilly ne reproche pas à Apple la présence de son module de mise à jour, mais le fait que la case de Safari soit cochée par défaut. Il ajoute que la firme de Cupertino dénature complètement le sens de « mise à jour », car une nouvelle application n’a rien à voir justement avec une mise à jour. Évidemment, c’est un point de vue que l’on peut comprendre en tant qu’utilisateur, même si certains ne se sentiront pas concernés. Mais en tant que concurrent direct dans le secteur des navigateurs, il est clair que Mozilla y voit également un danger pour son Firefox.

On retombe ici dans le domaine de la concurrence. Il est même possible d’y voir un parallèle amusant avec ce qui a tant été reproché à Microsoft avec les installations automatiques d’Internet Explorer. Il est logique qu’Apple propose son navigateur par la voie royale que représente l’Apple Software Update, mais la case cochée par défaut peut être perçue comme déloyale.

La société risque de s’attirer certaines foudres en utilisant ce moyen de faire grimper ses parts de marché. Il est même dommage que le navigateur puisse être synonyme de logiciel imposé car il recèle de nombreuses qualités.