Albanel confie une mission sur le filtrage au Doc de Fun Radio

Lovin' Fun sur Internet 189
L'ex Doc de Fun Radio, de son vrai nom Christian Spitz, s’est vu confier une mission sensible des mains de Christine Albanel. Avec un journaliste du Figaro, Jean-Paul Mulot, ce pédiatre devra réfléchir sur la régulation éventuelle des canaux de diffusion, et en premier lieu d’Internet.

Des informations préoccupantes sur Internet

« Il est de ma responsabilité politique de faire en sorte que des règles du jeu soient clairement établies pour protéger les plus faibles et les plus vulnérables. Je pense au premier chef aux publics les plus jeunes » expose la ministre. « À ce titre, il me remonte des informations préoccupantes qui touchent autant à la radio qu’à l’Internet. (…) Internet permet d’accéder à des propos et des images d’une rare violence, ou mettant en avant des formes de discrimination qui ne peuvent être tolérées. »

La ministre le dit haut et fort : « je ne veux ni restreindre ni censurer. Je souhaite susciter une prise de conscience, car il n’est plus possible de laisser aux plus jeunes un libre accès à des images trop dures qu’ils ne peuvent maîtriser ». La lettre de mission publiée sur le site du ministère n’est cependant pas complète, comme le révèle la Gazette du Net. Une seconde page existe, nous nous en sommes procuré une copie intégrale.

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On peut y lire ainsi qu’un « code de bonne conduite pourrait être élaboré sous le contrôle des pouvoirs publics avec les opérateurs de radio, les fournisseurs d'accès à Internet, voire avec certains sites d'hébergement. Des dispositifs de filtrage et de modération sont développés par de grands sites d'hébergement : sont-ils efficaces ? Peuvent-ils être généralisés ? Sont-ils suffisants pour protéger contre certaines images ? ». On ne parle pas de restriction, ni de censure, mais de généralisation éventuelle du filtrage. Un glissement sémantique des plus complexes qui n’est pas sans rappeler la commission de déontologie sur le Net dont se sont faits échos plusieurs textes dans le passé (voir notre actualité).

Rôle premier confié au CSA

Toutefois, c’est le CSA qui jouerait le rôle ultra sensible. La ministre souhaite en effet que soit menée une réflexion « quant à une éventuelle extension des compétences du CSA dans le domaine d’Internet et notamment d'un pouvoir de recommandation sur les errements les plus manifestes ». Le CSA distributeur de cartons jaunes et rouges sur Internet ? Un projet de texte doit être en tout cas rédigé d’ici fin février par l’ex-compère de DiFool, pour une négociation avec tous les acteurs d'ici fin mars.

Les mauvaises langues se demanderont si la ministre n'anticipait pas avec ces mesures la diffusion de cette vidéo très crue, vue par des millions de personnes, où un personnage public de premier rang lâchait un si violent « casse-toi, pauvre con » en plein Salon de l’Agriculture ?