Malgré son refus, Microsoft insiste pour racheter Yahoo

Ce que Microsoft veut, Dieu le veut 61

Microsoft tient absolument à embrasser Yahoo, même si cette dernière se montre plus farouche que prévu. Après avoir analysé attentivement l'offre de Microsoft durant une semaine, le conseil d'administration de Yahoo a officiellement annoncé hier « que la proposition n'est pas dans le meilleur intérêt de Yahoo ett nos actionnaires. Après une évaluation approfondie, le Conseil pense que la proposition de Microsoft sous-estime considérablement Yahoo ».

Tous les moyens sont bons

Yahoo Logo Malgré cet échec, Microsoft ne baisse pas pour autant les bras. Deux options s'offrent désormais à lui : négocier à nouveau avec le conseil d'administration de Yahoo, ou avec les actionnaires directement, option généralement longue et fastidieuse. La réponse de Microsoft au refus de Yahoo est d'ailleurs assez explicite. La partie de poker menteur est loin d'être finie.

« Il est regrettable que Yahoo n'ait pas accepté notre proposition complète et équitable de combiner nos sociétés. Sur la base de conversations avec les parties prenantes des deux entreprises, nous sommes convaincus qu'avancer rapidement afin réaliser cette transaction est dans le meilleur intérêt de toutes les parties. »

La volonté de la firme de Redmond de négocier avec les dirigeants est donc réelle. Cependant, si ces derniers se montrent moins conciliants que prévu, Microsoft pourrait bien opter pour une autre option. C'est du moins ce que sous-entend à demi-mot le géant du logiciel.

« Nous proposons une valeur supérieure aux actionnaires et la possibilité de participer à la direction de la nouvelle société combinée. (...) La réponse de Yahoo ne modifie en rien notre confiance dans le bien-fondé stratégique et financier de notre proposition. Comme nous l'avons dit précédemment, Microsoft se réserve le droit de poursuivre toutes les mesures nécessaires pour veiller à ce que les actionnaires de Yahoo aient la possibilité de réaliser la valeur associée à notre proposition. »

L'importance des actionnaires

Yahoo actions Google Finance La dernière phrase est sans équivoque. Si les dirigeants de Yahoo n'acceptent pas rapidement l'offre de Microsoft, ce dernier pourrait bien se montrer plus agressif, par exemple en remplaçant tout simplement les dix administrateurs de Yahoo. Et ce n'est pas la création d'un groupe d'actionnaires nommé Yahoo Plan B qui modifiera la stratégie de Microsoft.

Ce Yahoo Plan B, dirigé par Eric Jackson, est un groupe composé d'une centaine d'actionnaires possédant 2,1 millions d'actions – une goutte d'eau – et dont la volonté est de pousser les dirigeants de Yahoo à vendre, peu importe à quelle société. Yahoo Plan B souhaite de plus remplacer les actuels dirigeants, pointant du doigt leur incompétence, ses concurrents, Google en tête, progressant bien plus rapidement.

« Nous n'avons aucune envie de voir Yahoo rester indépendant avec le conseil et la direction actuels. Nous pensons que c'est la route assurée pour une action à 17 dollars. (...) Par conséquent, nous allons former un groupe et accepter de vendre nos actions Yahoo au plus offrant » résume ainsi Eric Jackson sur son blog.

Notre confrère Trends.be revient par ailleurs sur cinq actionnaires possédant à la fois 288,7 millions d'actions Yahoo et 1,5 milliard d'actions Microsoft. Ces fonds, dominés par Capital Research & Management, qui à lui seul détient 11,4 % de Yahoo et 6 % de Microsoft (et accessoirement la première société de gestion étrangère investie dans le CAC 40), ont évidemment leur mot à dire dans cette transaction gigantesque.

Microsoft devrait selon toute vraisemblance croquer Yahoo. Reste à savoir dans quelles conditions, et à quel prix. Le poids des actionnaires sera à prendre en compte.