Le journal participatif MediaPart.fr attaqué pour son nom

Comment se faire BD la gueule 27
mediapart Le journal indépendant et participatif MédiaPart.fr, dont l’équipe compte dans ses rangs le journaliste Edwy Plenel, n’est pas encore tout à fait né qu’il est déjà menacé d’extinction.

A une quarantaine de jour de son ouverture officielle, Média-Participations – groupe d’édition franco-belge qui chapeaute Dupuis, Dargaud, Lombard – vient de l’assigner en justice. On l’aura deviné, il s’agit d’obtenir le transfert du nom de domaine et de faire condamner le journal en ligne à 90 000 euros de dommages et intérêts pour contrefaçon de marque.

« MediaPart comme média à part et comme média participatif »

Mediapart.fr estime être d’une parfaite bonne foi, mieux : être dans son bon droit en l’absence de confusion possible entre MediaPart.fr, le journal en ligne participatif, et Média-Participations, la holding de quarante marques différentes, aiguisée pour les participations financières. De fait, sur les sites de www.media-participations.com et www.media-participations.fr, aucun site d’information générale n’est disponible, évacuant tout risque d’assimilation entre l’un et l’autre. « La seule activité de ce groupe sur le Net est une agence de presse religieuse, I.Média, exclusivement spécialisée sur le Vatican et l’actualité de la Curie romaine ». Mieux encore : le groupe franco-belge ne s’est semble-t-il pas inquiété de la présence du site Mediapart.com ou de la profusion de sites articulés autour de l’expression IMedia à toutes les saveurs. Enfin, la holding n’avait jamais pensé à racheter le domaine mediapart.be, qu’Edwy Plenel et ses coéquipiers ont finalement cueilli en toute bonne foi.

Procès le 12 février

« En quoi les auteurs publiés par Dargaud, Dupuis, Desclée ou Fleurus, pour ne prendre que quelques-unes des respectables marques concernées, seront-ils pénalisés par notre existence alors qu’ils sont la vraie richesse de ce groupe et qu’ils sont les seuls noms connus par les lecteurs de ce groupe ? » se demande Mediapart.fr.

Pour la petite histoire, Mediapart ne devait ou ne devrait pas être le nom définitif du projet, mais ses instigateurs ont finalement refusé de saisir l’occasion pour changer de nom. « Après mûre réflexion, nous nous y sommes refusés. Car nous pensons que, dans cette mésaventure judiciaire qui nous est imposée, ce n’est pas seulement le sort d’une marque qui est en jeu. C’est surtout de savoir si les logiques financières et marchandes peuvent désormais dicter leur loi sur toutes les activités humaines, jusqu’à imposer une privatisation monopolistique des mots, des noms, des idées, des notions et des concepts ».

Le procès aura lieu le 12 février prochain devant le tribunal de grande instance de Paris.