100 % des Hauts-de-Seine sous fibre optique d'ici 2013

On déménage ? 67
fibre neufL’Assemblée des Hauts-de-Seine a choisi ce soir le délégataire de service public qui va s’occuper de la mise en place et l’exploitation de la fibre optique sur son territoire. Sans surprise, c’est le groupement Numéricable – LD Collectivités – Eiffage qui remporte ce marché. C’est ce groupe qui avait en outre les faveurs de Patrick Devedjian, président du Conseil Général

Le plan est déjà connu : les premiers déploiements interviendront dans un an avec pour objectif en 6 ans (2013), un raccordement à 100 % du territoire départemental en fibre optique, soit 827 900 prises chez les particuliers comme les professionnels. La première tranche est déjà prévue pour 2010 avec 36 communes partiellement fibrées.

422 M€ dont 59 M€ payés par les contribuables

« Le choix du Conseil général s’est porté sur l’offre la plus achevée, conforme au cahier des charges, et la plus intéressante du point de vue opérationnel et financier » argumente-t-on. Le groupement a promis de réutiliser les passages et fourreaux préexistants pour afficher un coût total inférieur aux offres concurrentes, tout en profitant d’un déploiement plus rapide et moins complexe. Sur ce dossier, Numéricable – LD Collectivités – Eiffage s’opposait au groupement Axione – ETDE (partenaire de Free), et à MGP Contracting.

Le coût total prévu est de 422 M€ dont 59 M€ de subvention publique apportée par le Conseil général. La durée de la délégation est prévue sur 25 ans.

Technologie libre : GPON, P2P, etc.

La connexion se fera en FTTH (fibre à domicile) mais avec une technologie libre : « le délégataire exploitera uniquement un réseau passif, activé par les fournisseurs de services qui lui loueront les fibres. Ceux-ci conservant le choix de leur technologie d’accès : xPON, Eth P2P… » (voir nos dossier chez Neuf ou Orange). On ne sait donc pas en pratique quels seront ces choix techniques qui seront pratiqués par les FAI qui loueront ces fibres. « Les tarifs de THD92 permettront aux fournisseurs de services de proposer aux usagers finaux des prix comparables à ceux de l’ADSL actuel » explique le Conseil Général.

Un dossier déposé et attaqué à Bruxelles

Le dossier va être notifié comme il se doit à la Commission européenne pour accord. Le Britannique Colt avait déjà annoncé son intention d’attaquer cette décision devant la même institutione européenne, l’aide de 59M€ étant illégale selon lui. « Cette subvention agit comme un levier puissant permettant de lever un projet porté à 86 % par des investissements privés. Le besoin d’endettement nécessaire au délégataire pour financer le projet s’élève à plus de 140 M€ » rétorque-t-on côté Conseil général.

fibre gpon optique orange


Critiques de Free, jusqu'à la dernière minute

De plus, le groupe Axione – ETDE, lié au groupe ILIAD pour développer les activités de l’opérateur FREE sur quelques communes, aura tenté jusqu’à la fin de repousser le choix définitif du conseil Général. En dernière ligne droite, ils demandaient le statut de « concessionnaire pressenti » : refus du Conseil, « AXIONE / ETDE a voulu s’assurer une exclusivité dans les négociations avec le Conseil Général en cherchant à obtenir (ce) statut durant une période de 6 mois, à l’extérieur de la mise en concurrence, afin d’imposer ses propres conditions. Ceci était parfaitement inacceptable ». L’offre Axione-Etde a au suplus été polluée par des négociations très longue, tout en étant inconsistante et avec une demande de subvention jamais inférieur à 70M€.

Pour le Conseil, l’explication est simple : Free a voulu « s’assurer une position dominante sur le territoire restreint de 4 communes du département (Boulogne-Billancourt, Clichy, Levallois-Perret, Neuilly-sur-Seine) ». Des communes rentables pour un investisseur privé, où le coût de la prise par foyer inférieur à 350 euros contre plus de 1700 euros dans les communes les moins rentables.

150 000 prises optiques Free, suivies de 180 000

Dans une lettre adressée aujourd’hui à Patrick Devedjan, Free a répondu qu’elle réalisait des travaux pour 150 000 prises sur le département et des études sont organisées pour 180 000 prises supplémentaires. « Nous avons prévu d’étendre la couverture de ce réseau en fibre optique à l’ensemble du département » avance encore Maxime Lombardini, avant de chiffrer le plan d’investissement à un milliard d’euros sur la zone.

Dans cette même lettre, le directeur général de Free s’interroge enfin « sur les capacités juridiques réelles de Numéricâble, société par ailleurs détenue intégralement par les fonds d’origine hors Union européenne, de mutualiser les infrastructures du réseau câble, pour lesquelles cette société ne dispose que d’un droit d’usage consenti par France Télécom. » La conclusion de cette délégation intervient en effet juste au moment où le groupe américain Carlyle est entré dans le capital de Numéricâble.

Avec cette délégation, le trio gagnant va être dorénavant l’interlocuteur privilégié pour les gestionnaires et syndics d’immeubles. Une unification qui devrait garantir la mutualisation des déploiements et en même temps une forte longueur d’avance par rapport aux sociétés concurrentes toutes attirées par ce département, le plus riche de France.