Nigeria : l'oeil du cyclone dans le combat Windows/Mandriva

Pendant ce temps, les écoles patientent 53
classmateLe dossier du Nigeria entre Microsoft et Mandriva semble ne pas se refermer dans l’immédiat. Pour rappel, le pays avait commandé 17 000 ordinateurs portables Classmate d’Intel, des machines vendues à très bas prix (environ 200 dollars). Ces dernières doivent équiper les écoles, et c’est la distribution Mandriva qui avait été retenue pour être installée.

Alors que Mandriva avait apparemment eu toutes les peines du monde à remporter les négociations face à un Microsoft capable de littéralement pulvériser ses propres tarifs pour se rendre attirante, on apprenait tout récemment que les machines risquaient finalement de se voir installer Windows… après paiement des licences Mandriva. 17 000 ordinateurs, 34 000 licences de systèmes d’exploitation.

Bras de fer

Le cœur du problème réside dans un « bras de fer » entre Technology Support Center (TSC), la société qui doit déployer les machines dans les écoles, et l’Universal Service Provision Fund (USPF), l’agence gouvernementale qui soutient une grosse partie du projet, puisqu’elle finance directement 11 000 des 17 000 machines.

classmate TSC est actuellement le plus gros fournisseur d’ordinateurs Classmate d’Intel pour toute l’Afrique de l’ouest. Cependant, au vu de l’investissement de l’agence USPF, cette dernière a plus que son mot à dire dans tout le processus. Pour le moment, on sait que l’instance gouvernementale aurait clairement indiqué qu’elle souhaitait voir la distribution Mandriva Linux installée sur les Classmate.

Microsoft dans son bon droit

Du côté de Microsoft, c’est la grogne. Selon InfoWorld, l’éditeur de Redmond indique que la société TSC aurait une préférence « pour une plateforme testée », sous-entendue « connue de longue date ». Concernant le Classmate PC lui-même, Intel a certifié sa machine pour trois systèmes d’exploitation, dont Windows XP Professionnel, Mandriva Linux et Metasys Linux. Il ne s’agit donc pas d’un projet propulsant les solutions libres en tête d’affiche : le matériel et les logiciels sont séparés.

Chinenye Mba-Uzoukwu, le directeur des produits chez Microsoft Nigeria est actuellement en pourparlers avec TSC. L’éditeur et le fournisseur travaillent, toujours selon InfoWorld, sur un contrat qui rapporterait 400 000 dollars au second si les 17 000 ordinateurs Classmate étaient livrés avec Windows. Malgré tout le bon vouloir toutefois de TSC, il se pourrait tout à fait que ce soit le Nigéria lui-même, via l’agence USPF, qui ait le dernier mot.

Équiper les pays pauvres, un marché décidément juteux

Bien que Mandriva n’ait pas commenté ces récentes nouvelles, on se souvient de la lettre ouverte de François Bancilhon, le PDG de Mandriva, à Steve Ballmer, PDG de Microsoft : « Hey Steve, comment vous sentez vous le matin en vous regardant dans un miroir ? Bien entendu, je continuerai à lutter pour ce dossier et le suivant et le suivant… Vous avez l’argent, la puissance et peut être vous et moi avons nous un sens différent de l’éthique, mais je crois que le travail acharné, la bonne technologie et l’éthique peuvent aussi gagner ».

Nous aurons certainement de plus amples informations dans les jours à venir. Toutefois, on sait que TSC doit installer dans les mois qui viennent plus de 100 000 ordinateurs portables Classmate d'Intel. On peut dès lors se demander si la même pagaille va recommencer à chaque livraison.