Microsoft veut bouter Mandriva Linux hors du Nigeria

Saga Africa, ambiance de la brousse 242
classmateLe Nigeria est devenu une terre d’empoigne entre Mandriva et Microsoft, une guerre commerciale pas très propre si l’on en croit les propos du directeur de la société française.

Rappel des faits

Afin d’équiper l’Éducation nationale, le gouvernement nigérian a opté pour les PC Classmates d’Intel. Le choix est équivalent à celui de la Libye, exception faite du système d’exploitation. C’est en effet Mandriva qui a remporté le marché, non Microsoft. Un dossier qui fut extrêmement difficile à conclure, surtout après l’entrée de Redmond dans la ronde des négociations.

En adaptant une version à ces petits PC (Mandriva Flash), l’éditeur a donc marqué un nouveau point important dans les pays émergents en s’installant sur les 17 000 classmates à livrer. « Le but de ce projet est d’améliorer d’une part la qualité de la technologie enseignée aux étudiants et d’autre part, d’aider les enseignants et les parents » explique à ce titre Mandriva, se félicitant de ce choix qui « renforce le statut de Linux comme étant l'un des systèmes le plus populaire au monde ».

Lettre ouverte de François Bancilhon

Dans une lettre ouverte publiée hier, François Bancilhon, DG de Mandriva, révèle que cette histoire naissante pourrait bien se terminer là.

Alors que le marché a été conclu et bouclé, et que les machines sont en phase de livraison, les petits Nigérians risquent bien de ne pas apprécier les joies du libre : Bancilhon a appris du Nigéria que les PC seront payés et livrés avec Mandriva, mais la distribution sera ensuite désinstallée au profit du seul Windows. Ayant fait le choix de PC très économique, le pays émergeant accepte ainsi de payer une licence Mandriva et une licence Microsoft pour chaque machine, soit 34 000 licences. Une aberration qui aurait valu un zéro pointé en TD de n’importe quelle école de commerce.

L'éthique des TIC ?

Avec une informatique émergente aux couleurs de Windows, le choix du mono couleur n’a pas laissé insensible. Et évidemment, chez Mandriva, on l’a mauvaise face à cette manœuvre grossière qu’on n’ose qualifier des termes adéquats. Brancilhon invective : « Hey Steve, comment vous sentez vous le matin en vous regardant dans un miroir ? Bien entendu, je continuerai à lutter pour ce dossier et le suivant et le suivant… Vous avez l’argent, la puissance et peut être vous et moi avons nous un sens différent de l’éthique, mais je crois que le travail acharné, la bonne technologie et l’éthique peuvent aussi gagner ».