Les producteurs indépendants à l'assaut de dl.Free.fr

Suffit d'imposer un test ADN des internautes 56
Une fois de plus, Free joue les poils à gratter. Fin septembre, le FAI a ouvert et quelque peu remanié son service d’hébergement de fichiers. DL.Free.fr permettait à l'origine de stocker des données de 1 puis 5 Go. Depuis, les vannes sont ouvertes : l’hébergement est doublé et passe à 10Go par FTP. Sur ces 10Go, le nombre de fichiers est illimité et la durée de rétention portée à 30 jours sans téléchargement. De plus, n'importe qui peut maintenant se créer une ou plusieurs communautés de partage, virtuelles, anonymes et indépendantes, dixit le changelog.

Pour se laver les mains des éventuelles éclaboussures liées aux droits d’auteur, Free indique dans un avertissement « qu’en mettant à disposition des fichiers, vous [l’émetteur] devenez responsable de leur diffusion. Il est rappelé que les échanges illicites d'enregistrements et d'oeuvres protégées ainsi que le piratage nuisent à la création artistique.

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Il est également rappelé que le non-respect des lois en vigueur, notamment celles concernant le respect de la propriété intellectuelle et artistique, peut donner lieu à des poursuites et à des condamnations. Tout manquement ou plainte d'ayants droit entraînera irrémédiablement la suppression du ou des fichiers en question. » En clair : Free n’est qu’un tuyau. Aux ayants droit de faire la police et de prendre sur le vif des échanges illicites de fichiers, et aux internautes d’assumer leur responsabilité. On retrouvait ainsi le débat qui a entouré le lancement de l’offre Ma TV Perso.

Il fallait s’y attendre, le service communautaire n’a pas laissé indifférent la SPPF (Société Civile des Producteurs de Phonogrammes en France) : « la SPPF a pris connaissance avec stupéfaction de l’annonce faite par Free du lancement de son service d’hébergement en ligne permettant l’échange de fichiers volumineux. Ce nouvel outil, ouvert à tout Internaute, abonné ou non à un FAI, va indéniablement donner un nouvel essor à la contrefaçon numérique dans un contexte où le marché du physique continue de chuter inexorablement » indique le représentant des labels indépendants dans un communiqué. Ces producteurs parlent ainsi de « pure provocation » émise en pleine discussion de la mission Olivennes, organisée par le gouvernement afin de trouver des mesures efficaces contre la contrefaçon numérique et pour le développement des offres légales.

Le groupement en appelle maintenant à l’intervention des pouvoirs publics « pour amener les FAI à se responsabiliser et à coopérer réellement, aux côtés des producteurs de musique, dans leur lutte contre la piraterie en ligne ». La SPPF soutient l'idée d'un système de radars et de mesures automatiques, à l'instar de Neuf, pour contrer les échanges illicites.