Piège à pirates : les méthodes de MediaDefender révélées

MPAAL’histoire de MediaDefender est intimement liée à celle du piratage de contenu multimédia. La société est connue depuis longtemps pour fonder son commerce sur la lutte contre la copie numérique d’œuvres protégées par des copyrights, mais en utilisant des méthodes pour le moins spécifiques.

MediaDefender a en effet pour objectif d’inonder les réseaux P2P de « fakes », c’est-à-dire de fichiers prétendant contenir un certain contenu et en présentant finalement un autre une fois ouvert. L’histoire de Miivi était également un indicateur des techniques utilisées par la société : sous les apparences d’un site de partage de vidéos à la YouTube, Miivi était en fait un pot de miel destiné à attirer les pirates en herbe.

Des emails internes qui en disent long

Des méthodes qui ont déjà rendu l’entreprise bien peu sympathique aux yeux des internautes, mais cette image va encore se détériorer. En effet, son lien avec les associations RIAA et MPAA risque de ne pas peser bien lourd face à un certain fichier de 700 Mo qui se balade désormais sur les réseaux P2P, dont eMule et BitTorrent.

MPAA Ce fichier contient un morceau de base de données MySQL des propres courriers électroniques de MediaDefender. Cette correspondance s’étale sur plus de six mois de discussions diverses mais surtout internes de l’entreprise. On y trouve donc des emails très récents datant de ce mois-ci, sur des sujets assez croustillants, notamment sur l’affaire Miivi.

Concernant ce site, on peut lire dans les courriers que les différents responsables de Media Defender se sont mis d’accord pour parler d’une histoire de projet avorté mal sécurisé. Ce qui, bien entendu, aurait favorisé l’apparition de contenu piraté. On peut également trouver d’autres courriers relatifs à des sorties de titres précis comme le film des Simpson, avec la préparation en interne de faux fichiers.

Le groupe « MediaDefender – Defenders » sur la brèche

Le morceau de base de données a été distribué par un groupe nommé « MediaDefender – Defenders » qui espère ainsi prouver au monde entier le type d’activité auquel se livre la société. Le groupe estime en outre que ces informations permettront aux utilisateurs de réseaux P2P de mieux se protéger. Il ne dit pas toutefois comment toutes ces informations ont été obtenues, mais on peut songer à une fuite en interne.

Les plans pour Miivi étaient assez ambitieux, car MediaDefender comptait réellement faire de son site un piège géant, avec notamment des possibilités de poster des vidéos sur MySpace, et une série de liens dédiés à l’optimisation des recherches sur Google. Des plans qui sont tombés à l’eau, les responsables indiquant à ce sujet que la communication devait s’en tenir au projet raté, et que la prudence était de rigueur dans les embauches au sujet des activités de l’entreprise.

Après les emails, la conversation téléphonique

Mais le groupe MediaDefender – Defenders ne s’est pas arrêté là et a publié encore plus récemment un fichier contenant une discussion téléphonique entre MediaDefender et un avocat de New-York. Après un exposé des craintes quant à la sécurité de leur courrier électronique, les deux hommes ont alors détaillé un plan impliquant des mesures contre des machines hébergeant du contenu pédopornographique. MediaDefender aurait alors à télécharger le contenu, à le noter, puis à envoyer ces informations au gouvernement.

Bien que cette activité soit cruciale et remplisse un rôle important puisque la pédopornographie est un sujet autrement plus grave que le piratage, le fond de commerce de MediaDefender reste la pollution des réseaux P2P avec des techniques dignes de spammeurs. Dans les échanges de la base de données volée, on trouve par exemple des preuves de l’implication de la société dans la pollution du réseau Gnutella, sur lequel sont basés plusieurs logiciels dont LimeWire.

Un blason difficile à redorer

Les différentes personnes qui ont plongé leur nez dans tous ces courriers électroniques ont d’abord cru à une vaste plaisanterie. 700 Mo d’emails internes, cela semblait un peu gros à avaler. Et puis finalement, à force de lire, les détails nombreux ont transformé le scepticisme en évidence : adresses IP, logins et mots de passe, liste des faux trackers BitTorrent, stratégies de pollution des réseaux, taux d’efficacité de ces stratégies, sites prioritaires ou encore informations sur les concurrents.

Quoi qu’il en soit, il va être difficile pour MediaDefender de restaurer son image devant un tel déballage de linge sale.

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