La Thaïlande débloque Youtube, sous de lourdes conditions

Interdiction des vidéos coupables de « blesse-majesté » 41
La Thaïlande a débloqué hier le site Youtube, après plusieurs semaines de censure provoquée par la diffusion d'une vidéo parodiant le Roi du pays. Youtube a cependant dû accepter les conditions imposées par le gouvernement local : empêcher au préalable la diffusion de toute vidéo péjorative prenant pour cible le monarque de 79 ans, Bhumibol Adulyadej.

Le Ministre de l'Information et des Communications thaïlandais, Sitthichai Pookai-yaudom, annonçait hier que ses citoyens pourraient désormais accéder à Youtube, après une censure qui a duré depuis le 13 avril dernier. En contre-partie, le blocage des vidéos offensant le Roi sera mis en place par un filtre logiciel dont la programmation vient tout juste d'être achevée.

YoutubeC'est la résistance de Youtube qui a provoqué sa censure en Thaïlande. Le site américain avait catégoriquement refusé de supprimer les vidéos incriminées au nom de la liberté d'expression de principe qui règne sur son forum vidéo. Après quelques négociations infructueuses, les autorités thaïlandaises ont alors choisi la solution la plus simple, et en même temps la plus lourde tandis que les vidéos concernées sont supprimées depuis le 14 mai dernier.

Le Ministère local de l'Information et des Communications n'a pas accepté de mettre fin au blocage du site tant que Youtube ne proposait pas un filtre capable de prévenir la publication de ce type de vidéos contestataires, ou simplement humoristiques envers la monarchie.

La décision est ferme, mais le ministre Sitthichai a déclaré que son administration n'avait aucunement exigé les excuses vidéo publiques diffusées sur Youtube envers la monarchie et le peuple Thaïandais : « Le site Youtube a pris soin du problème lui-même » explique-t-il.

Le compte de l'auteur de la vidéo parodique à l'origine de l'affaire, sous le pseudo « Paddidda », est désormais supprimé, ainsi que toutes les vidéos incriminées. Le gouvernement thaïlandais vient donc de réussir à imposer une interdiction mondiale sur un site international, un coup juridique de maître, mené d'une main de fer sous la pression de la censure.