Projet Indiana : Sun part à l'assaut des utilisateurs de Linux

À la recherche des utilisateurs perdus 88
sunSun travaille actuellement sur un projet nommé Indiana et qui est relatif à Solaris. Le système d’exploitation, de type Unix, sera prochainement architecturé selon deux axes de développement différents, aux buts tout aussi variés. Un plan traditionnel destiné aux entreprises, l’autre étant axé davantage vers les utilisateurs enthousiastes qui se tournent d’ordinaire vers les systèmes de type Linux.

Attirer un nouveau type de population

Car c’est bien là le but : capter une partie des utilisateurs des distributions GNU/Linux avec un modèle de développement radicalement différent de ce que l’on peut avoir l’habitude de voir du côté de chez Sun. La version « Project Indiana » serait un système d’exploitation équipé d’un gestionnaire de paquets en réseau basé sur un cycle de parution de six mois.

Ce cycle, qui correspond d’ailleurs à celui de plusieurs distributions, dont Ubuntu, permettrait aux utilisateurs de toujours profiter des dernières améliorations en développement. Et c’est d’ailleurs de ça qu’il s’agit : le développement. Le projet Indiana placera entre les mains les toutes dernières versions de Solaris, à l’opposé de l’autre versant, plus classique, du système : un Solaris testé et éprouvé pour convenir à une utilisation professionnelle plus poussée.

L'influence du fondateur de Debian

On peut voir dans le projet l’influence de Ian Murdock, fondateur de la distribution Linux Debian, et travaillant chez Sun depuis quelques mois. Sa vision actuelle correspond à un rapprochement de Solaris vers les distributions Linux, tant sur le mode de développement que sur la base technique. En effet, en dépit d’une base commune, bien peu d’applications peuvent jongler vers l’un ou l’autre système.

Son grand but serait donc de construire un pont vers Solaris et encourager le portage des applications Linux vers le système de Sun. Or, selon lui, il faut deux éléments qui peuvent soit se compléter, soit être pris séparément : offrir un avantage à porter une application vers Solaris et/ou permettre une transition aussi simple que possible.

Par exemple, Murdock parle des applications développées sur une base Ruby on Rails pour Linux. Il explique que Solaris, via l’outil DTrace, propose des fonctions précises de tests et spécifiques au langage de scripts Ruby, mais pas sur Linux. Il indique en outre que Solaris possède 8,7 millions de clients, mais bien que ce chiffre puisse paraître conséquent, il est faible comparé à d’autres communautés, en particulier autour de certaines distributions Linux.

Comment faire la différence ?

Pour séduire les utilisateurs de Linux et pour les convaincre de venir faire un petit tour sur Solaris, Sun compte mettre en place certains avantages très importants comme la compatibilité des binaires et la possibilité de retourner à tout instant vers un état sain du système (à la manière des snapshots des machines virtuelles).

Enfin, il reste tout de même une inconnue de taille : la licence qui sera utilisée pour le projet Indiana. La version OpenSolaris est sous CDDL (Common Development and Distribution License), mais celle de la prochaine distribution reste un mystère, d’autant qu’on connaît les différences de point de vue entre Jonathan Schwartz, PDG de Sun, et Richard Stallman, président de la Free Software Foundation. Ce dernier, avec la GPL3, a mis en place par exemple une coupure très nette avec les DRM tandis que Schwartz avait une position plus pragmatique.