iPhone, Deepfish : le web mobile pourrait se métamorphoser

R.I.P. 62
iPhoneLa sortie de l’iPhone ne sera décidément pas passée inaperçue. Même en mettant de côté l’appareil lui-même, les technologies embarquées et surtout la manière de les utiliser risquent d’influencer bien des téléphones pendant des années, et pourrait faire prendre à certains débats une orientation plus claire.

Un web mobile qui a décidément du mal à décoller

Parmi ces débats, on trouve la gestion du contenu en ligne sur les téléphones, l’extension de noms de domaine .mobi, le WAP et toutes ces technologies que l’on trouve depuis des années dans les portables. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le bilan n’est pas brillant. On se souviendra de la sortie du WAP et de l’emphase mise sur la capacité des téléphones portables à accéder à Internet. Le manque de visibilité, de services et les coûts pour les utilisateurs ont eu tôt fait de calmer les ardeurs.

W3C Mais plusieurs produits ou projets en cours indiquent une nouvelle orientation, et l’iPhone catapulte justement l’utilisation d’Internet sur un téléphone portable sous les feux de la rampe. C’est que l’iPhone tranche radicalement de la quasi-totalité des modèles disponibles en affichant les pages web dans leur état normal, c’est-à-dire de la même manière qu’elles s’afficheraient dans Firefox, Opera ou Internet Explorer : une page web complète, non tronquée, sur laquelle il est ensuite possible de zoomer.

Le changement est grand, puisqu’on sort complètement du cadre de tout ce qui a été mis en place jusqu’à présent, y compris au niveau du W3C (World Wide Web Consortium). Ce dernier a écrit des recommandations ainsi que des outils pour aider les développeurs web à rendre leurs pages compatibles avec les nombreuses normes du milieu. La conformité avec certaines normes est d’ailleurs l’une des conditions sine qua non pour l’obtention d’un nom de domaine avec une extension .mobi.

deepfishMicrosoft, Apple : même combat ?

Pourtant, Microsoft avait désapprouvé la création de cette extension de domaine, expliquant cette réaction par un argument simple : ce n’était pas aux développeurs web d’effectuer le gros du travail de publication des informations, mais aux développeurs des logiciels de créer des solutions pour ne pas doubler la charge de travail des concepteurs de sites. Il fallait en effet pour un site donné penser à une version mobile quand l’entreprise le désirait, une version n’ayant aucun rapport avec le site initial et disposant de normes différentes.

Et tandis que l’iPhone approchait de sa date de commercialisation, Microsoft travaillait sur Deepfish, un projet de navigateur fonctionnant dans les grandes lignes un peu comme la version de Safari embarquée dans le téléphone d’Apple. Un navigateur capable d’afficher une page complète puis ensuite de zoomer.

La simplicité, nouveau moteur du développement

L’avantage immédiat est que puisque ces navigateurs affichent les pages traditionnelles des sites web que l’on fréquente tous les jours, les développeurs n’ont alors plus à développer des versions spéciales.

opera mobileAlors certes, il ne s’agit que d’une nouvelle orientation et d’une possible solution à un problème qui mine les efforts des acteurs du marché mobile, les fournisseurs d’accès par exemple. Mais il faut prendre en compte que la taille des écrans, ainsi que leur résolution, ne fait qu’augmenter. L’iPhone, avec tout le marketing et la couverture médiatique dont il dispose, va mettre clairement l’accent sur cette manière de naviguer.

Il y aura toujours moyen de faire mieux. L’iPhone ne gère par exemple pas la technologie Flash, et l’exécution des JavaScript est limitée à cinq secondes, mais ces faits seront certainement amenés à changer, et la plateforme logicielle à évoluer. Il ne s’agit après tout que du premier jet d’Apple dans le domaine, et il y aura de nombreuses évolutions.

Il est certain que l’industrie va suivre, au moins en partie, cette nouvelle manière de naviguer sur Internet depuis un appareil mobile, et des acteurs comme Opera, très bien placés dans le secteur, ont certainement une contre-attaque en réserve.

Le futur des téléphones et autres PDA est à un carrefour, et le principal bénéficiaire reste l’utilisateur final.