Une loi anti-pirate informatique sème le trouble en Allemagne

C'est le Chaos an CCC 53
torrent pirateUne nouvelle loi vient d’être votée en Allemagne en matière de criminalité informatique. Le texte est sèchement critiqué par divers groupes compte tenu de ses termes bien trop flous. La section 200 de la loi en question sanctionne ainsi celui qui s’approprie ou transmet à quiconque des données informatiques protégées qui ne lui sont pas destinées. Il peut alors être condamné à des peines d’amende voire jusqu’à 3 ans de prison. Avec des termes trop vagues, le texte vient d'ajouter un sacré grain de sable dans les travaux des administrateurs ou de l’expertise informatique puisque même la fabrication, la possession et la diffusion d’outils dédiés à ces activités devient interdit.

Andy Müller-Maguhn, du célébrissime Chaos Computer Club, regrette ainsi que: « L’interdiction de la possession d’outils concernant la sécurité informatique ouvre les portes à la diffusion des chevaux de Troie. Cela enlève à l’industrie la possibilité de tester leurs systèmes d’une façon adéquate (…) A l’avenir, il ne sera plus possible de tester des systèmes informatiques critiques en terme de sécurité, puisqu’on ne pourra utiliser ces outils aujourd’hui interdits ».

Et le porte-parole du CCC de pointer certaines comparaisons : comme l’industrie automobile qui rend ses véhicules plus sûres par des crashs test, le secteur de la sécurité informatique peut être amélioré par l’utilisation de programmes d’attaque. « L’interdiction générale de ces logiciels est aussi utile que l’interdiction de la fabrication ou la vente de marteaux, puisqu’on peut détruire ou endommager avec un tel outil ».

Le ministère de l’intérieur a cependant prévu une certification pour les prestataires en sécurité dignes de foi, explique toujours le CCC : « Les capacités et le savoir nécessaires aux tests informatiques vont devenir monopolisés par des mains de courtisans accrédités choisis le gouvernement, alors que la recherche indépendante pourra être, selon leur bon vouloir, criminalisée de façon sélective ». Un flou total pour ces spécialistes : « La recherche en matière de sécurité ne pourra avoir lieu que dans cette zone grise légale inacceptable. »