VMware critique Microsoft pour ses choix sur la virtualisation

VMware a publié vendredi dernier un papier blanc destiné à dénoncer les actions actuelles entreprises par Microsoft pour verrouiller le marché de la virtualisation. Ce marché, actuellement en pleine croissance et très loin d’avoir libéré son plein potentiel, est le théâtre d’une lutte entre plusieurs sociétés telles que justement Microsoft, VMware ou encore Parallels.

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VMware Fusion : Windows XP sous Mac OS X

Le grief principal de VMware a un air de déjà-vu. Il concerne en effet l’abus de position dominante, et dans le cas présent, l’utilisation de sa présence sur le marché pour verrouiller le monde de la virtualisation avec ses logiciels et son format VHD (Virtual Hard Disk). Conséquence principale : tous les gros logiciels de Microsoft comme Exchange ou SQL Server seraient amenés par Microsoft à ne bien fonctionner que sur les produits de virtualisation du géant.

Il existe d’autres conséquences. Le format VHD de Microsoft a vu ses spécifications techniques publiées il y a quelque temps. De fait, d’autres sociétés comme VMware se sont servies de ces spécifications pour intégrer la gestion du VHD à leurs produits. Dans le cas de VMware, cette intégration est même allée plus loin puisque l’éditeur a mis à disposition un logiciel pouvant convertir les machines virtuelles VHD dans son propre format.

Or, Microsoft publie depuis quelques mois des machines virtuelles préconfigurées au format VHD. Avantage principal : ces machines virtuelles ne demandent aucune configuration et sont prêtes à être utilisées en l’état, ce qui est très utile dans le cas, justement, de logiciels un peu lourd à mettre en place comme Exchange. Toutefois, il y a selon VMware un problème majeur avec ces machines préconfigurées : elles ne fonctionnent qu’avec les produits Microsoft.

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Virtual PC 2007 : installations de Windows XP
et Ubuntu sous Vista

Les produits en question sont Virtual Server 2005 R2 et Virtual PC 2007. Selon les logiciels, seul le premier est à même de faire fonctionner la machine virtuelle visée, mais l’un comme l’autre sont gratuits. C’est l’accusation principale de VMware : Microsoft se sert de sa position dominante pour avancer son format VHD vers les utilisateurs et les autres éditeurs et créer un « écosystème fermé ».

VMware critique également les changements récents dans les licences des systèmes d’exploitation de Microsoft, notamment en ce qui concerne Vista. La licence lie véritablement le système au matériel et empêche selon VMware de bouger facilement le système d’une machine à une autre, y compris dans des environnements virtuels, alors même que ces derniers disposent de fonctions spécifiques au transfert de systèmes sans interruption entre deux machines.

vista office Vista est encore visé lorsque l’on parle d’ailleurs des systèmes qui peuvent être virtualisés et ceux qui ne le peuvent pas. Ainsi, les éditions Familiale Basique et Familiale Premium ne peuvent être virtualisées alors qu’elles représentent justement les éditions les moins onéreuses du dernier Windows. Il faut donc s’acquitter de l’achat d’une édition Professionnelle ou Intégrale pour pouvoir utiliser Vista en environnement virtuel. Et encore, cette licence sera activée dans le cadre de cet environnement et la même licence ne pourra pas servir pour installer Vista de manière native.

Enfin, si Vista représente un problème en tant que système invité, on parlera également bientôt de système hôte, puisque Windows Server 2008 pourra se voir équipé gratuitement et quelques mois après sa sortie d’une solution de virtualisation appelée pour le moment Viridian. Or, il existe une série d’interfaces pour développeurs (API) qui règlementeront dans Windows Server 2008 les échanges entre le système et l’hyperviseur. Ces API ne sont malheureusement pas accessibles aux éditeurs de solutions de virtualisation ni aux projets open source (à l’exception notable de Novell). Et c’est évidemment une nouvelle critique de VMware.

vmware La liste des griefs de VMware est assez concrète, et on se demande si l’éditeur ne se prépare pas à attaquer Microsoft. Toutefois, ce dernier a répondu aux accusations de VMware, bien que la réponse soit moins précise que la question. Mike Neil, responsable général de la stratégie pour la virtualisation chez Microsoft, indique que l’ensemble de la question est abordé d’une manière différente pour le géant du logiciel, car il existe d’autres contraintes et d’autres impératifs.

Concernant Vista par exemple, Microsoft a jugé que le marché n’était pas assez mûr et développé pour permettre à tout un chacun de se lancer dans la virtualisation, tout en sachant que cette permission aurait demandé d’énormes ressources en termes de service client. D’autre part, l’éditeur de Redmond se serait rendu compte que la virtualisation de Vista peut servir à contourner des fonctions de sécurité grâce à une couche malveillante dans l’hyperviseur. Ainsi, réserver la virtualisation aux seules licences Professionnelle et Intégrale limite l’activité aux utilisateurs enthousiastes et informés.

La suite de réponse manque de précision, en particulier lorsque Neil parle des fameuses API. Il soutient en effet que les API ont bien été publiées durant le WinHEC de l’année dernière, mais reste assez muet quand vient le sujet de l’accès à ces API. Il faut dire que le géant avait quelque peu changé d’opinion sur le sujet avec ce même WinHEC, puisqu’à l’époque les API devaient être accessibles librement, alors que cet accès est désormais limité à un nombre restreint de sociétés triées sur le volet.

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